04 novembre 2009
Toyota: l'obsession de la victoire
C'est officiel, Toyota se retire de la Formule 1 dès cette année. Alors que de nombreuses rumeurs circulaient depuis les départs de Honda et BMW, le premier constructeur mondial a pour finir lui aussi décidé de fermer le robinet à yens. Toyota claque la porte mais laissera un goût d'inachevé. Clairement, et surtout cette année, ils avaient le potentiel pour remporter des victoires en Grand Prix. Une malchance persistante et de mauvais choix stratégiques sont venus à bout de la volonté des têtes pensantes du constructeur japonais.
La victoire du gâchis...
A son arrivée en Formule 1, en 2002, l'ambition de Toyota était démesurée: mettre d'énormes moyens financiers en jeu afin de très vite se battre pour le titre de champion du monde de constructeurs. Les dirigeants sous-estimaient la difficulté de ce sport, comme ils avaient pu le faire à la fin des années 90 en échouant aux 24h du Mans alors qu'ils avaient le matériel pour gagner. En Formule 1, ils vont commettre la même erreur, en n'arrivant pas à s'attacher les services de personnes réellement compétentes au niveau technique. Lorsqu'ils ont recruté Mike Gascoyne en tant que directeur technique, en 2005, la différence a été flagrante, puisqu'il leur a offert une monoplace capable de réaliser des podiums et des poles positions et d'accrocher la 4e place au championnat des constructeurs. Oui mais tout ce qui intéressait les dirigeants japonais, c'était la victoire... Ou, pour l'image de marque, battre les autres constructeurs présents.
Au total, Jarno Trulli, meilleur performer de l'écurie japonaise, lui aura offert deux poles positions et sept podiums alors que Ralf Schumacher et Timo Glock lui auront apporté trois podiums chacun à son palmarès. 2005 et 2009 auront été ses meilleurs chances de victoires mais un défaut de stratégie récurrent aura raison de leurs moindres chances. L'exemple du Grand Prix de Barhein 2009 en est la preuve: alors que les Toyota partaient de la première ligne et semblaient être en mesure de remporter la victoire, un mauvais choix de pneus lors du premier ravitaillement les a reléguées à la 3e et 7e place. L'engagement d'un stratège tel que Ross Brawn aurait pu faire toute la différence. Cependant, bien que les moyens engagés étaient colossaux, Toyota n'a jamais réussi à attirer de grands noms.
La crise et les technologies vertes
Le président du groupe Akio Toyoda a expliqué que cette décision a été «difficile mais inévitable» en raison des pressions inhérentes à la crise économique. «Depuis l'an dernier et en raison du climat de crise économique, nous nous questionnions sans cesse sur le fait de savoir si nous devions poursuivre en F1. Nous nous retirons complètement, a-t-il lâché ce mercredi à Tokyo. Je présente mes plus profondes excuses aux fans de Toyota pour n'avoir pas accompli les objectifs que nous nous étions fixés.»
Invoquée à chaque fois par les constructeurs nippons (Honda en F1 en 2008, Subaru en rallye en 2008, Mitsubishi en rallye-raid), la crise économique pourrait toutefois ne pas être la seule raison de ces retraits. Les consommateurs veulent aujourd'hui des voitures sûres et économes, non plus des bolides, et les industriels ont peut-être moins besoin de la vitrine F1 pour les allécher, selon les spécialistes de l'industrie automobile. «Comme les autres fabricants automobiles, Toyota est appelé à concentrer son investissement sur les technologies vertes. Il est donc logique que le groupe ait pris cette décision», a estimé Mamoru Kato, du centre de recherche Tokai Tokyo. Selon lui, «Toyota s'était lancée dans la F1 pour améliorer son image en Europe et y doper ses ventes, mais l'impact semble avoir été moindre qu'espéré».
Source: l'equipe.fr
Sources photo: f1-photo.com, f1racing.net















