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Nostalgique chronique. Romantique idéaliste. Alcoolique mélancolique. Bienvenue dans mon esprit, labyrinthique et tortueux.

09 octobre 2009

Une grippe A "psychotique"

Depuis maintenant plusieurs mois, les médias relatent amplement une information concernant la mortalité du virus de la grippe A ou H1N1. L’année dernière, c’était la grippe aviaire qui était le centre des préoccupations. Alors que la grippe A reste encore relativement discrète, une vague de psychose semble avoir pris possession de la population.

Qui ne s’est pas méfié de quelqu’un qui se mettait à tousser près de lui dans le métro ? Qui n’a pas pris peur d’être touché par la grippe A alors qu’il avait en fait un simple rhume ? Si l’épidémie de la grippe A n’est pas encore catastrophique, celle de la psychose est, elle, avérée. Pourtant, actuellement, les chiffres démontrent que la grippe A n’est pas plus mortelle qu’une autre : selon l’Organisation mondiale de la santé, la grippe saisonnière tue entre 250 000 et 500 000 personnes chaque année. Or, à ce jour, la grippe A, cinq mois après son émergence, a fait « seulement » 4 000 morts dans le monde alors qu’il y a déjà eu six mois d’hiver austral. Un bilan léger qui révolte David Sanders, pédiatre et professeur de santé publique à l’université du Western Cape, en Afrique du Sud : "Pourquoi y a-t-il autant d'hystérie autour de cette maladie ? Parce que ce virus touche pour une fois autant les riches que les pauvres ? Il vaudrait mieux mettre plus d'argent dans la lutte contre la tuberculose et le sida."

L’arbre qui cache la forêt

En effet, les médias oublient d’évoquer des chiffres beaucoup plus alarmants que la grippe A. Aujourd’hui, un enfant meurt toutes les trente secondes du paludisme. Chaque année, 2,5 millions de personnes meurent de la tuberculose et autant du choléra. A eux deux, le paludisme et la rougeole font 1,75 millions de mort par an. Que représente la grippe A comparée à ces chiffres ? Pour le moment, une vaste blague. Ces maladies touchent principalement les pays du Sud car les vaccins et traitements qui permettent aux pays du Nord d’y échapper ne leur ont pas encore été transmis. En effet, pour les pays riches, il vaut mieux investir pour se préparer contre une possible épidémie qui pourrait les toucher que de combattre des problèmes existants qui ne les concerne pas directement. Il faudra voir si le principe de précaution n'aura pas cette fois été un gaspillage.

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21 avril 2009

La polémique autour de la vidéo d'une agression dans un bus RATP

Violence2

Première chose à préciser avant de commencer à parler de l'agression et de ses conséquences: JE NE METTRAIS NI LA VIDEO NI LES IMAGES DE L'AGRESSION. Compte tenu du battage médiatique qu'il y a eu autour de l'affaire, je ne pense pas qu'il soit utile d'en rajouter ici. Surtout que la vidéo est facile à trouver sur Internet. JE NE TIENS A INCITER PERSONNE A LA REGARDER, elle n'a donc pas sa place ici. Plus que l'agression en elle-même, ce sont les leçons (sur la brutalisation de la société notamment) que nous pouvons en tirer qui m'intéressent le plus.

Agression en direct live

L'incident s'est déroulé le 7 décembre 2008 dans un bus Noctilien de la RATP. Après s'être fait volé son portefeuille, un jeune homme se fait violemment (pour ne pas dire sauvagement) agresser par une bande de jeunes alors qu'il essayait de le récupérer, le tout sous le regard médusé des autres voyageurs. Les quelques spectateurs involontaires qui ont essayé d'intervenir se sont également pris des coups. Les images sont insoutenables... Entre violence physique et violence des mots, chaque seconde reste gravée dans nos mémoires et le simple fait de regarder fait monter en nous une vague d'incompréhension et de colère. Pourquoi tant de haine?

La polémique autour de cette vidéo vient du fait qu'elle ait été mise en ligne sur Facebook le 17 décembre par une personne qui se révélera être un membre de la police régionale des transports. Il faut savoir que tous les bus sont équipés de plusieurs caméras de surveillance, mais d’après la RATP, les images sont censées être détruites, sauf en cas de plainte. Dans ce cas, elles sont remises à la préfecture de police. Durant trois mois et demi, cette vidéo va circuler uniquement entre les utilisateurs de Facebook avant d'être reprise par des internautes et des blogueurs (dont certains d'extrême-droite qui vont l'utiliser comme outil de propagande). Dès lors, la polémique enfle et le policier est placé en garde à vue par les services de l'IGS avant d'être relâché puis suspendu de ses fonctions. Il risque des poursuites pénales et disciplinaires.

La vidéo est systématiquement retirée des sites comme Dailymotion et Youtube mais reste tout de même présente sur des serveurs étrangers proposant les mêmes services. Le jeune homme agressé vient de porter plainte pour violation du secret de l'enquête et violation du secret de l'instruction. Il a par ailleurs fait part de son intention de se constituer partie civile, et a dénoncé "les dérives et amalgames que cette affaire pourraient susciter". "Pour éviter tout risque de récupération de ce fait divers, la victime déclare ne pas s'associer aux commentaires tendancieux auxquels se sont livrés certains responsables politiques", affirment ses avocats dans le communiqué.

Les agresseurs du jeune homme ont bien été arrêtés, selon la préfecture de police. Deux l'ont été immédiatement après les faits suite à l'alerte de la RATP, un troisième grâce à la vidéo. Le quatrième agresseur n'a pas été retrouvé.

Entre espionnage et brutalisation de la société

Deux choses m'ont particulièrement choqué dans cette affaire. Tout d'abord, la constatation que les caméras de vidéo-surveillance existent bien et fonctionnent, nous espionnant dans tous nos faits et gestes. Volet principal de la lutte contre l'insécurité, on remarque qu'elles n'ont pas l'effet dissuasif désiré, puisque les agressions sont toujours nombreuses (même si Nicolas Sarkozy a déclaré que la criminalité avait baissé). Pire, elles provoquent une sensation d'intranquillité, donnant la sensation d'être épiés dans chacun de nos mouvements. Je suis filmé lorsque j'ATTENDS le métro. Je suis filmé lorsque je PRENDS le métro. Je suis filmé lorsque je TIENS LA BARRE dans le métro. Je suis filmé lorsque je M'ASSIEDS dans le métro. Je suis filmé lorsque je SORS du métro. Ca ressemble un peu à Loft Story et compagnie. Ma sécurité? On constate bien que cela ne change rien... Pire, mon agression peut devenir un spectacle largement diffusé sur Internet!

Après la Première Guerre Mondiale, on a parlé d'une brutalisation de la société pour décrire la "soif de tuer" des soldats qui revenaient de la guerre. A leur retour chez eux, un certain nombre d'entre eux avaient une conscience altérée et ne se rendaient plus vraiment compte de la gravité d'un meurtre. Le problème actuel n'est pas exactement le même mais que dire de l'existence quasi systématique de la violence? Surtout quand elle réouvre les vieilles blessures de l'insécurité (Pas si vieilles d'ailleurs. Souvenez-vous, 2002...)? Je trouve cela vraiment triste, que l'on se fasse frapper juste parce-qu'on a refusé de baisser les yeux ou que l'on se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Se faire tabasser dans un bus sous le regard ébahi des autres voyageurs n'est pas une banalité! Est-ce que je dois passer à côté de l'agression en feignant de ne pas la remarquer? Ou est-ce que je dois intervenir, au risque de moi-même me faire frapper? C'est ça le véritable dilemme.

Violence

Posté par Keyshun à 17:17 - Actualité - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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