04 novembre 2009
Toyota: l'obsession de la victoire
C'est officiel, Toyota se retire de la Formule 1 dès cette année. Alors que de nombreuses rumeurs circulaient depuis les départs de Honda et BMW, le premier constructeur mondial a pour finir lui aussi décidé de fermer le robinet à yens. Toyota claque la porte mais laissera un goût d'inachevé. Clairement, et surtout cette année, ils avaient le potentiel pour remporter des victoires en Grand Prix. Une malchance persistante et de mauvais choix stratégiques sont venus à bout de la volonté des têtes pensantes du constructeur japonais.
La victoire du gâchis...
A son arrivée en Formule 1, en 2002, l'ambition de Toyota était démesurée: mettre d'énormes moyens financiers en jeu afin de très vite se battre pour le titre de champion du monde de constructeurs. Les dirigeants sous-estimaient la difficulté de ce sport, comme ils avaient pu le faire à la fin des années 90 en échouant aux 24h du Mans alors qu'ils avaient le matériel pour gagner. En Formule 1, ils vont commettre la même erreur, en n'arrivant pas à s'attacher les services de personnes réellement compétentes au niveau technique. Lorsqu'ils ont recruté Mike Gascoyne en tant que directeur technique, en 2005, la différence a été flagrante, puisqu'il leur a offert une monoplace capable de réaliser des podiums et des poles positions et d'accrocher la 4e place au championnat des constructeurs. Oui mais tout ce qui intéressait les dirigeants japonais, c'était la victoire... Ou, pour l'image de marque, battre les autres constructeurs présents.
Au total, Jarno Trulli, meilleur performer de l'écurie japonaise, lui aura offert deux poles positions et sept podiums alors que Ralf Schumacher et Timo Glock lui auront apporté trois podiums chacun à son palmarès. 2005 et 2009 auront été ses meilleurs chances de victoires mais un défaut de stratégie récurrent aura raison de leurs moindres chances. L'exemple du Grand Prix de Barhein 2009 en est la preuve: alors que les Toyota partaient de la première ligne et semblaient être en mesure de remporter la victoire, un mauvais choix de pneus lors du premier ravitaillement les a reléguées à la 3e et 7e place. L'engagement d'un stratège tel que Ross Brawn aurait pu faire toute la différence. Cependant, bien que les moyens engagés étaient colossaux, Toyota n'a jamais réussi à attirer de grands noms.
La crise et les technologies vertes
Le président du groupe Akio Toyoda a expliqué que cette décision a été «difficile mais inévitable» en raison des pressions inhérentes à la crise économique. «Depuis l'an dernier et en raison du climat de crise économique, nous nous questionnions sans cesse sur le fait de savoir si nous devions poursuivre en F1. Nous nous retirons complètement, a-t-il lâché ce mercredi à Tokyo. Je présente mes plus profondes excuses aux fans de Toyota pour n'avoir pas accompli les objectifs que nous nous étions fixés.»
Invoquée à chaque fois par les constructeurs nippons (Honda en F1 en 2008, Subaru en rallye en 2008, Mitsubishi en rallye-raid), la crise économique pourrait toutefois ne pas être la seule raison de ces retraits. Les consommateurs veulent aujourd'hui des voitures sûres et économes, non plus des bolides, et les industriels ont peut-être moins besoin de la vitrine F1 pour les allécher, selon les spécialistes de l'industrie automobile. «Comme les autres fabricants automobiles, Toyota est appelé à concentrer son investissement sur les technologies vertes. Il est donc logique que le groupe ait pris cette décision», a estimé Mamoru Kato, du centre de recherche Tokai Tokyo. Selon lui, «Toyota s'était lancée dans la F1 pour améliorer son image en Europe et y doper ses ventes, mais l'impact semble avoir été moindre qu'espéré».
Source: l'equipe.fr
Sources photo: f1-photo.com, f1racing.net
26 avril 2009
Jenson Button, le retour de l'ange déchu
Jenson Button renaît en ce début de saison 2009. Débarqué dans le petit monde de la Formule 1 en 2000, Jenson a tout de suite marqué les esprits. Avec sa gueule d'ange et son sérieux coup de volant, il avait d'excellents arguments à faire valoir mais il n'a jamais obtenu une monoplace à la hauteur de son talent. Au fond du gouffre au volant d'une Honda rétive lors des saisons 2007 et 2008, l'Anglais vient de remporter sa troisième victoire cette saison, la quatrième de sa carrière. Largement en tête du championnat pilotes, Button est le favori logique pour l'attribution du titre. C'est incroyable d'autant plus qu'il ne savait même pas s'il allait courir cette saison un mois avant la première course! Petit retour en arrière sur les raisons d'un succès.
Une entrée en matière fracassante
En 2000, la Grande-Bretagne vient de perdre son chouchou, Damon Hill, parti à la retraite. Dans le coeur des Anglais, il sera très dur de le remplacer. C'est dans ce contexte qu'arrive le tout jeune Jenson Button, âgé d'à peine 20 ans, engagé en grandes pompes par Williams-BMW. Les connaisseurs accusent Williams de vouloir réaliser un coup médiatique en lançant Jenson dans le grand bain. Mais c'est mal connaître le rusé Frank Williams car, non seulement il réalisera un grand coup médiatique mais il va de plus lancer la carrière du grand espoir britannique du début des années 2000. Jenson accomplit du bon boulot lors de cette saison et termine plusieurs fois dans les points. A l'évidence, il a un grand avenir devant lui. Après deux années de vaches maigres chez Benetton-Renault (2001) et Renault (2002), Jenson arrive à nouveau à exprimer son pilotage toute en douceur (c'est le pilote le plus propre du plateau en termes de trajectoire) chez BAR-Honda.
Jenson s'éteint derrière Hamilton
Chez BAR-Honda, puis Honda à partir de 2006, Button arrive enfin à confirmer ses bonnes prestations de la saison 2000 en mettant sous l'éteignoir ses différents coéquipiers: Jacques Villeneuve, Takuma Sato ou Rubens Barrichello. Deux saisons sont à marquer d'une pierre blanche. 2004 tout d'abord car Jenson termine cette année-là le championnat à la troisième place mais aussi parce-qu'il a signé la première pole position de sa carrière et une série de podiums impressionnante. 2006 ensuite car il y remporte sa première victoire, sous la pluie, en Hongrie. Mais les deux suivantes sont catastrophiques pour l'écurie Honda... Incapable de se qualifier dans le Top 10, la monoplace ne permet pas à Button de jouer les premières places. De plus, 2007 est l'année de l'arrivée au sommet de Lewis Hamilton et ce dernier va peu à peu effacer son homologue britannique dans le coeur des Anglais. Lâché par ses fans, abandonné par l'écurie Honda (qui a quitté la F1 en raison de la crise économique), la carrière de Jenson Button semble bel et bien être finie à la fin 2008.
Button et Brawn GP resurgissent à la manière d'un phénix qui renaît de ses cendres
L'ange apparu en 2000 n'est plus. Dans l'ombre de Lewis Hamilton, le pilote flamboyant a fini par laisser sa place à un ange déchu, un espoir qui n'aura jamais véritablement confirmé. Au fond du gouffre, Button garde confiance en l'avenir. Les semaines passent. Puis les mois. Toujours pas de rachat. Arrivé à la fin février, la situation est critique. Le miracle tant attendu finit par s'accomplir: l'écurie est rachetée par le directeur technique Ross Brawn et sera équipée de moteurs Mercedes. Dès sa première sortie officielle lors des essais hivernaux, la Brawn GP, équipée d'un double diffuseur qui a fait polémique, réalise les meilleurs temps devant toutes les écuries favorites! Des performances confirmées lors des deux premières manches de la saison, en Australie et en Malaisie, dominées de la tête et des épaules par Jenson Button (2 pôles, 2 victoires). Les écarts se sont réduits lors des deux manches suivantes, en Chine et à Barhein où les Red Bull-Renault et les Toyota ont montré une belle vélocité. Le Britannique a fait preuve de sa science de la course en finissant troisième en Chine et en remportant une victoire de haute lutte à Barhein. Aujourd'hui, Jenson Button est le grand favori dans la course au titre, une situation imprévisible il y a un an!
26 mai 2008
Bruno Senna, quinze ans après Ayrton
Quinze ans jour pour jour après la dernière victoire d'Ayrton, le nom de Senna est réapparu tout en haut du classement d'une course automobile sur le difficile circuit de Monaco, ce week-end. Cette fois, c'est le jeune Bruno, 24 ans, neveu du triple champion du monde brésilien, qui a réussi à brillamment s'imposer lors de la manche d'ouverture de GP2 (l'antichambre de la F1). Le casque au design modernisé ressemble énormément à celui de son oncle, la démarche est semblable et la ressemblance frappante. Mais non, Bruno n'est pas Ayrton. Alors qu'Ayrton avait fait de Monaco son jardin (recordman des victoires, six au total, dont cinq d'affilée), est-il vraiment surprenant de voir le nom de Senna réapparaître ainsi au palmarès de la prestigieuse principauté? Oui et non. Oui pour ceux qui ne voient en lui qu'un pilote sans talent qui n'a que le mérite d'être le neveu du grand Ayrton. Non pour ceux qui ont suivi les résultats progressifs de ce pilote prometteur qui a déjà montré d'excellentes dispositions au volant d'une monoplace. Faisons un peu plus connaissance avec Bruno Senna Lalli, dont Ayrton parlait déjà en 1993 de cette manière: "Si vous croyiez que je suis bon, attendez que mon neveu arrive!"
Des débuts tardifs mais prometteurs
Bruno a la course automobile dans le sang et ce, depuis sa plus tendre enfance, lorsqu'il faisait du karting avec Ayrton. L'accident mortel de son oncle en 1994 l'a éloigné des circuits pendant dix ans, sa mère ne voulant pas voir disparaître un autre membre très cher dans ces joutes motorisées. Oui mais Bruno n'a jamais abandonné. Et c'est avec l'aide de Gerhard Berger, un grand ami de la famille, qu'il arrive à convaincre sa mère de le laisser courir, alors que dix années se sont écoulées depuis le tragique décès d'Ayrton Senna. Deux courses disputées dans le championnat de Formule BMW britannique et une sixième place à la clé lors de la seconde manche. La même année, il obtient une très belle seconde place en Formule Renault 2.0 dans le très relevé Grand Prix de Macao, prouvant ainsi qu'il déborde réellement d'énormément de talent.
Il entre alors dans le prestigieux championnat de F3 britannique, que son oncle a remporté en 1983. Le jeune Bruno apprend très vite et après avoir obtenu ses premiers points et podiums, il termine 10e au championnat et rempile pour une année de plus. Une année 2006 exceptionnelle où il remporte ses premières victoires et où il se bat pendant très longtemps pour le championnat. Il terminera troisième et gagnera ainsi son billet pour le GP2, passage obligé avant d'arriver en F1. Il est bien épaulé par Gerhard Berger, qui dirige l'écurie Toro Rosso depuis 2006 et qui a hésité pendant un temps à enrôler le neveu de son grand ami Ayrton Senna dans son écurie. Tous deux ont très bien compris qu'il vallait mieux prendre son mal en patience et continuer à progresser et à apprendre dans les catégories inférieures afin de s'offrir les meilleurs chances possibles d'obtenir un très bon volant en Formule 1. Car Bruno a déjà fait la démonstration de son talent et il ne lui manque maintenant plus qu'un titre important à faire valoir.
Une entrée en GP2 fracassante!
Bruno est engagé par l'équipe Arden pour la saison 2007. Après une première manche d'acclimatation à Barhein, il remporte très vite sa première course puisque cela se fait dès la seconde manche du championnat, à Barcelone! Un exploit sensationnel qui sera malheureusement sans suite puisqu'il ne terminera qu'épisodiquement sur le podium, sans jamais vraiment confirmer ses bonnes performances du début de saison en terminant 8e au championnat: "Bien que les résultats aient été en dent de scie, je suis plutôt satisfait de ma saison dans son ensemble. Notre objectif de début de saison était de terminer dans le Top 10 au championnat et nous y sommes parvenus de belle manière. J'ai beaucoup appris cette année et je vais continuer à travailler dur pour m'améliorer encore. Je pense que j'ai réussi à démontrer ce que je pouvais faire lorsque la voiture était bonne et maintenant, je dois me concentrer sur le fait de faire encore mieux l'année prochaine."
Une année 2008 qui s'annonce brillante pour Bruno et ce dès la première manche de la saison. Il termine 2e et 4e des deux manches et Espagne, confirmant ainsi ses bonnes dispositions de l'année précédente. En Turquie, il abandonne après avoir heurté un chien qui traversait la piste! C'est sur le très particulier circuit de Monaco que Bruno se relance magnifiquement et ce, dès les qualifications qu'il achève à la seconde place, juste derrière le spécialiste du tracé monégasque Pastor Maldonado (vainqueur l'année précédente). Sa course est une démonstration de vitesse et d'intelligence. Après avoir doublé Maldonado au départ, Bruno s'envole pour une très belle chevauchée. Il s'offre la plus belle victoire de sa carrière en résistant au retour du Vénézuelien dans les dernières boucles. Le nom de Senna règne à nouveau sur Monaco! Bruno est très ému sur le podium car il vient de remporter une victoire à Monaco, 15 ans jour pour jour après la dernière victoire de son oncle sur ce circuit particulier. Le lendemain, il finit à une belle cinquième place lors de la seconde manche, ce qui lui vaut de prendre la tête du championnat, à égalité de points avec l'Italien Giorgio Pantano. Rendez-vous dans un mois à Magny-Cours pour la suite du championnat!
03 janvier 2008
Ces pilotes qui ont marqué l'histoire... (16) François Cevert "Le Prince"
Il était jeune, il était beau, il avait énormément de talent et semblait pouvoir marcher sur les traces de son mentor, Jackie Stewart, en ayant un palmarès aussi fourni que le sien, mais la mort ne lui en a pas laissé le temps. Surnommé "Le Prince" en raison de son physique qui ne laissait pas indifférent la gente féminine, François était le symbole parfait du renouveau "people" de la Formule 1 des années 1970. L'Histoire retient de François Cevert qu'il était un des pilotes français les plus talentueux de cette époque et qu'il aurait tout simplement dû être le premier champion du monde français. Elle retient aussi qu'il est décédé le 6 octobre 1973 dans un effroyable accident alors qu'il semblait promis au plus bel avenir.
La passion pour la course et la vitesse apparaît assez vite chez François Cevert mais il n'a pas l'occasion de s'y adonner en raison de son père, qui refuse de l'encourager dans cette voie. Pourtant, Cevert ne laisse pas tomber et réussit à réunir la somme nécessaire pour participer au concours du volant Shell en 1966, qu'il remporte, devant un autre grand pilote français de l'époque, Patrick Depailler. Après une année de galère en 1967 qui a forgé son caractère, les choses s'accélèrent: il devient champion de France de Formule 3 en 1968 et voit s'ouvrir devant lui les portes de la gloire.
En 1969, il dispute le championnat d'Europe de Formule 2 et remporte une victoire brillante devant Jackie Stewart à Reims. Ce dernier remarque le talent du jeune Français et en parle à Ken Tyrrell, son directeur d'écurie, qui l'engage en 1970 aux côtés de Jackie Stewart. Une première saison en Formule 1 difficile en raison du comportement désastreux de la March 701 mais, en marquant son premier point lors du Grand Prix d'Italie, il confirme les espoirs que Stewart et Tyrrell ont placé en lui. Au cours des trois saisons qui vont suivre, François va nouer une relation spéciale avec Jackie Stewart (champion du monde en 1969 puis en 1971 et 1973), devenant ami et disciple du triple champion du monde écossais.
Le Français apprend vite et bien au contact de son aîné puisqu'il termine sur quatre podiums en cette saison 1971 et se classe troisième au championnat. Il remporte surtout sa première victoire sur le circuit de Watkins Glen aux Etats-Unis, devenant le premier Français à remporter une course depuis treize ans! 1972 est un peu plus difficile et malgré trois nouveaux podiums, il n'a pas une victoire à se mettre sous la dent et ne peut faire mieux que sixième au championnat.
1973 s'annonce comme une année spéciale pour François Cevert. Jackie Stewart a décidé de prendre sa retraite à la fin de la saison et le potentiel de la Tyrrell 005 est prometteur. Intègre et par respect pour son ami Stewart, il fait tout pour l'aider à remporter une troisième couronne, notamment en restant sagement derrière lui lors des GP de Hollande et d'Allemagne et ce, alors qu'il était plus rapide. Il sait qu'en 1974 il sera leader de l'équipe et que le temps des victoires viendra alors pour lui. Il ne sait pas que le destin en a décidé autrement et qu'un après-midi d'octobre il allait perdre la vie sur le circuit qui lui avait offert sa plus grande joie deux ans plus tôt, Watkins Glen. Le Prince ne deviendra malheureusement jamais roi...
François Cevert en quelques chiffres:
1 victoire
2 meilleurs tours
13 podiums
89 points marqués
21 janvier 2007
Ces pilotes qui ont marqué l'histoire... (15) Juan Pablo Montoya "Bad Boy" -partie2-
Montoya attend énormément de 2004 compte tenu du fait qu'il est passé tout proche du titre l'année précédente. Williams a lancé une FW26 révolutionnaire avec un nez en forme de morse en espérant enfin briser l'hégémonie Ferrari... La monoplace montre très vite ses faiblesses et Juan Pablo a beaucoup de mal à se tenir aux avant-poste. Après deux podiums en début de saison en Malaisie et à Imola, il n'arrive plus à se montrer compétitif. En Hongrie, l'écurie britannique revient à un concept plus classique, pour le plus grand plaisir de Montoya.
Il égaye sa fin de saison par un magnifique dépassement sur M.Schumacher en Belgique puis par une victoire inattendue au Brésil. Malgré ses bons résultats de fin de saison, il avait décidé depuis longtemps de quitter Williams pour Mclaren. Il leur a offert un magnifique cadeau d'adieu en remportant le dernier Grand Prix de la saison...
2005 est une saison difficile. Montoya a énormément de mal à s'adapter à sa nouvelle écurie. Après un poussif début de saison où il est archi-dominé par Raikkonen, il se reprend en Grande-Bretagne où il remporte la course. Il est alors au même niveau que Raikkonen et enchaîne les bons résultats (et dépassements). Après une deuxième place en Allemagne et une troisième en Turquie, il signe deux pôles en Italie et en Belgique et deux autres victoires, en Italie et au Brésil.
Cependant, malgré ces résultats, Ron Dennis annonce l'arrivée d'Alonso en 2007. Quelque chose se brise dans le tête du Colombien, comme une sérieuse impression d'avoir été en trahi en étant ainsi mis sur la sellette. Il est impatient d'arriver à 2006 pour montrer de quel bois il se chauffe mais aussi pour chercher une autre écurie. Car il le sait, son avenir n'est pas (n'est plus) chez Mclaren.
Dès le début de la saison 2006, Montoya en fait beaucoup. Il en fait même peut-être trop. La Mclaren n'a absolument plus rien à voir avec celle de l'année précédente et les pilotes sont un peu largués. Juan Pablo réalise une course solide pour terminer sur le podium à Imola, en battant Kimi Raikkonen. Il loupe de peu la pôle position en Australie et après avoir été déchaîné pendant la course, offrant un festival de dépassements, il abandonne sur une panne de moteur. En arrivant à Monaco, il n'est pourtant pas si loin de Raikkonen au championnat.
Le climat est tendu entre les deux pilotes et ce, depuis un petit moment déjà. Montoya s'est toujours senti défavorisé et a toujours cherché à prendre le dessus sur le Finlandais. L'histoire se souviendra sans doute du dernier GP du Colombien, aux Etats-Unis avec cette effroyable accrochage au premier virage. Ce jour-là, les deux pilotes ont failli en venir aux mains. Ce jour-là, Juan Pablo a su qu'il était temps pour lui de partir.
Juan Pablo Montoya en quelques chiffres:
13 pole position
12 meilleurs tours
30 podiums
307 points marqués
16 janvier 2007
Ces pilotes qui ont marqué l'histoire... (15) Juan Pablo Montoya "Bad Boy" -partie1-
Comment aurais-je pu passer à côté de Juan Pablo Montoya? Faire une chronique sur les pilotes qui ont marqué l'histoire sans parler du Colombien aurait été une injure que je me serais faite à moi-même! Même s'il n'a pas vraiment frappé les esprits par ses statistiques, il n'a laissé personne de marbre avec ses performances, particulièrement ses dépassements, dignes d'un équilibriste. Je compte donc revenir sur sa carrière, peut-être avec moins de détails que dans la partie Juan Pablo Montoya (vous y reporter si vous voulez en savoir un peu plus!).
Juan Pablo Montoya arrive en Formule 1 en 2001, avec un beau palmarès derrière lui et beaucoup d'ambition. Le paddock apprend très vite à connaître son caractère bien trempé: dès la troisième course de la saison, il réalise un dépassement à couper le souffle sur Michael Schumacher. Le ton est donné: Montoya est bien décidé à frapper un grand coup dans le monde aseptisé de la Formule1!
Après un premier podium en Espagne, une première pôle en Allemagne et une première victoire en Italie, il semble sur une pente ascendante. Il réalise d'autres très belles manoeuvres de dépassement et termine la saison à la 6e place au championnat après un dernier podium, au Japon. Beaucoup pensent déjà qu'il a le feu sacré et qu'il risque d'en faire baver à M.Schumacher dans les années qui suivent.
La saison 2002 débute comme a terminé 2001, par une deuxième place, en Australie. Pourtant, Ferrari domine cette saison de la tête et des épaules et Montoya ne remporte pas une seule victoire. Il réalise de très belles performances en montant régulièrement sur le podium et surtout en signant une belle série de pôles position (cinq d'affilée et sept au total).
Les observateurs s'accordent pour dire que Juan Pablo a un bel avenir en Formule 1: il a achevé la saison à la 3ème place, juste derrière les deux Ferrari en utilisant tout le potentiel de son matériel... On pense alors qu'il faudrait simplement qu'il ait entre ses mains une voiture capable de se battre avec les Ferrari pour qu'il devienne un candidat sérieux pour le titre.
Ce n'est pas passé loin en 2003. Après un début de saison catastrophique en raison d'une monoplace en manque d'efficacité, il remonte la pente à partir de Monaco, en remportant la course. S'en suit une série de dix podiums et une nouvelle victoire en Allemagne! Juste après le Grand Prix de Hongrie, il n'a plus qu'un petit point de retard sur Michael Schumacher au championnat.
On se met alors à penser que Montoya est en position de force, notamment car la FW25 est la voiture dominatrice depuis 2003. Mais c'était sans compter avec Jean Todt, qui demande une enquête sur les pneus Michelin, jugés trop carrés et trop larges. C'est le début de la descente aux enfers pour Montoya, qui termine une nouvelle fois à la 3ème position du championnat...
(A suivre...)
10 janvier 2007
Ces pilotes qui ont marqué l'histoire... (14) Carlos Reutemann
Carlos Reutemann est un pilote qui a connu une carrière étrange en Formule 1, remportant beaucoup de victoires mais sans jamais devenir champion du monde. Pourtant il en avait le talent comme il l'a démontré lorsqu'il a obtenu la pôle position pour sa première course en 1972! Il court pendant cinq années chez Brabham, obtenant des fortunes diverses. En 1973, il monte trois fois sur le podium et montre une belle régularité. En 1974, il réalise une saison digne des plus grands, remportant trois grands prix. Cependant, contrairement à l'année précédente, il ne se montre pas très régulier terminant le championnat à la 6ème position.
1975 est une toute autre saison. L'Argentin ne remporte qu'une course, au Nurburgring (l'ancien version du tracé, qui faisait peur aux plus grands) mais il termine souvent sur le podium, obtenant une belle 3ème place au championnat. En 1976, le passage au moteur Alfa Roméo s'annonce catastrophique et Carlos claque la porte avant même la fin de la saison pour rejoindre Ferrari.
En débarquant au sein de la Scuderia, Reutemann a de grandes ambitions: il espère bien conquérir ce titre qui lui passe sous le nez depuis plusieures années. 1977 débute bien: après une troisième place en Argentine et une victoire au Brésil, il est en tête du championnat.
Mais son coéquipier n'est autre que "l'Ordinateur", Niki Lauda. Et face à lui, Reutemann ne fait visiblement pas le poids. L'Autrichien remporte le titre haut la main, alors que Carlos doit se contenter de la quatrième place au championnat. En 1978, il réalise une très belle saison, remportant quatre courses et récupère la troisième place au championnat.
Il comprend bien que l'alchimie nécessaire pour être champion du monde n'existe pas avec l'écurie italienne et il trouve refuge chez Lotus, champion du monde en titre. C'est une grosse erreur: la voiture n'a rien à voir avec la dominatrice de l'année précédente et Reutemann ne remporte même pas une course... Déçu il va chez Williams et espère qu'enfin il va tirer le gros lot.
La première saison, en 1980, Carlos prend ses marques, remportant tout de même une très belle victoire à Monaco. Son coéquipier Alan Jones remporte le titre et lui doit une nouvelle fois se contenter de la troisième place. Il pense que 1981 sera son année: il est en tête du championnat après cinq manches après avoir remporté deux courses!
Mais Carlos ne remportera jamais ce titre... A Las Vegas, lors de la dernière manche, alors que Nelson Piquet et lui ne sont séparés que d'un petit point à son avantage, il termine 8ème. Le Brésilien termine lui 5ème et remporte le titre d'un petit point! Dépité Reutemann décide de mettre fin à sa carrière après les deux premières manches de la saison 1982...
Carlos Reutemann en quelques chiffres:
12 victoires
6 poles positions
6 meilleurs tours
45 podiums
146 Grands Prix
02 janvier 2007
Ces pilotes qui ont marqué l'histoire... (13) Michael Schumacher "Le Baron Rouge" -partie3-
Il ne faut cependant pas s'attendre à ce que Michael Schumacher se repose sur ses lauriers. En 2001, face à un Hakkinen affaibli et proche de la retraite, il mate la nouvelle génération des Montoya, Ralf Schumacher, pour remporter son second titre consécutif avec la Scuderia Ferrari. Il est soulagé car il est enfin récompensé de tout ses efforts. Michael commence à affoler les indicateurs des records: en Belgique, il remporte sa 52ème victoire, et devient ainsi le pilote le plus victorieux.
2002 est archi-dominé par Schumacher et Ferrari. Au final, il a remporté son cinquième titre, son troisième consécutif et il a terminé la saison avec 144 points et 11 victoires. On commence alors à lui donner comme surnom "Schuminator" en référence à son grand appétit de records et de victoires. Il est en passe d'être le pilote le plus capé de l'histoire de la Formule1.
Mais en 2002 la Scuderia Ferrari et lui-même sont éclaboussés par le scandale de Spielberg, où Rubens Barrichello lui a cédé la victoire dans le dernier virage. Certaines critiques commencent à fuser: il n'a jamais accepté d'affronter un coéquipier à son niveau, il n'arrive pas à gagner ses courses tout seul... Michael est touché dans sa fierté: il ne comprend pas pourquoi on le critique alors qu'il ne fait que récolter ce qu'il a semé depuis 1996 en travaillant comme un damné.
En 2003, il revient encore plus fort que les années précédentes. Pourtant cette saison est particulièrement difficile... Les Williams-BMW, particulièrement Montoya, se montrent très véloces et Raikkonen fait des merveilles avec sa vieillissante Mclaren MP4/17D. De plus il fait face à une douleur affective avec le décès de sa mère la veille du Grand Prix d'Imola. C'est ce jour là que l'Allemand nous a montré toute sa sensibilité: après avoir remporté la course de manière héroïque compte tenu du contexte particulier, il a fondu en larmes sur le podium. A la fin de la saison, il a remporté son quatrième titre consécutif et de très belle manière, prouvant qu'il était bien un des plus grands champions.
2004 ressemble très fort à 2002: Michael Schumacher archi-domine le championnat en remportant 13 courses sur les 18 et son cinquième titre consécutif, le septième de sa carrière. Jamais un pilote n'avait connu autant de gloire! Cependant une telle domination ne peut pas durer éternellement...
L'année 2005 est très difficile: les pneus Bridgestone équipant les Ferrari sont surpassés par les Michelin et Michael ne remporte qu'une course, aux Etats-Unis où seules les voitures équipées de Bridgestone ont participé. Certains disent que Schumacher commence à penser à la retraite, que l'arrivée de Raikkonen est imminente etc. Toujours est-il que l'Allemand s'engage pour une nouvelle saison avec la Scuderia. Une année 2006 qui débute plutôt mal avec Fernando Alonso qui remporte toutes les courses en début de saison. Michael comprend tout de même que sa Ferrari a du potentiel et espère un changement radical à la mi-saison.
Il avait raison: la Ferrari est la voiture dominatrice pendant l'été. Cependant, il n'arrive pas à profiter de cette supériorité comme les années précédentes et Alonso se bat comme un beau diable. En Italie il annonce sa retraite après avoir remporté le Grand Prix. Après avoir gagné sa dernière course en Chine et avoir abandonné au Japon, Michael voit le titre s'envoler lorsqu'il crève pendant le GP du Brésil. Après un dépassement merveilleux sur Raikkonen et une remontée à la 4ème place, il fait un adieu poignant au monde de la Formule1 à qui il a tant donné et qui le lui a bien rendu...
Michael Schumacher en quelques chiffres:
7 titres de champion du monde (1994, 1995, 2000 à 2004)
91 victoires
68 pôles positions
76 meilleurs tours
1369 points marqués
249 Grand Prix
20 décembre 2006
Ces pilotes qui ont marqué l'histoire... (13) Michael Schumacher "Le Baron Rouge" -partie 2-
C'est donc fait, le double champion du monde en titre intègre la mythique Scuderia Ferrari en 1996. La tâche s'annonce ardue car l'Allemand se rend bien vite compte de l'immense travail qu'il va falloir fournir et ce, pendant plusieures années, avant d'espérer pourvoir remporter le titre.
Mais cette année-là, Michael Schumacher est flamboyant et il remporte trois magnifiques victoires en Espagne (la première d'une longue série chez Ferrari), en Belgique et en Italie. Malgré les difficultés, il achève tout de même le championnat à la troisième place, loin derrières les intouchables Williams-Renault. Cependant, un objectif est déjà atteint: se montrer compétitif sur la durée d'une épreuve.
En 1997, Schumacher est remonté comme jamais. Il remporte cinq victoires et fait jeu égal avec Jacques Villeneuve (qui bénéficie d'un matériel supérieur) jusqu'à la dernière manche de la saison, à Jerez. Là, il commet l'erreur qui va entacher sa carrière jusqu'à la fin: au 48ème tour, alors que Villeneuve allait le passer, Michael se rabat et ils se heurtent. Schumacher abandonne mais Villeneuve termine la course et devient champion du monde. A cause d'un tel comportement anti-sportif, l'Allemand est déclaré coupable et disqualifié du championnat. C'est un jour noir...
En 1998, Renault s'est retiré mais c'est un autre sérieux rival que Schumacher a sur sa route: le Finlandais Mika Hakkinen et son invincible Mclaren-Mercedes. Mal en point en début de saison, il travaille d'arrache-pied avec Ferrari pour revenir sur l'écurie anglo-allemande. Il remporte six victoires et le titre va se jouer au Japon, lors de la dernière manche. Alors qu'il devait s'élancer de la pôle position, Schumacher cale sur la grille de départ et doit partir dernier.
La malchance s'abat sur lui: alors qu'Hakkinen est facilement en route vers la victoire, Michael doit s'employer pour revenir sur le Finlandais. Jusqu'à ce que son pneu éclate, le contraignant à l'abandon... L'Allemand se remet vite de cette défaite et est prêt à en découdre avec les Mclaren-Mercedes en 1999. Après de très belles victoires à Imola et Monaco, Schumacher sait que cela pourrait être enfin son année au volant d'une Ferrari.
Il y croit jusqu'au Grand Prix de Grande-Bretagne où après un accident terrible, il se casse le tibia et le péroné de la jambe droite. Indisponible pendant trois mois, les chances de titre sont compromises. Il décide donc d'aider son coéquipier Eddie Irvine comme il le peut. A son retour, en Malaisie, il montre sa force de caractère: il signe la pôle position, et alors qu'il est bien plus rapide que tout le monde, il laisse la victoire à Irvine, pour que ce dernier ait encore des chances de titre. Cela s'avérera inutile puisqu' Hakkinen remporte une nouvelle fois le titre au Japon...
Le grand retour du Baron Rouge est annoncé pour 2000. Tout le monde comprend très vite la motivation de Schumacher: il est largement en tête du championnat à la mi-saison et il semblerait que l'année de son retour soit arrivée. Après un été difficile où il abandonne coup sur coup au départ en Autriche et en Allemagne, il voit Hakkinen revenir à sa hauteur. Une nouvelle fois, le titre se joue au Japon mais cette fois-ci, Michael ne flanche pas. Il remporte la course et le titre par la même occasion! Ce n'est que le début d'un long règne...
(A suivre)
10 décembre 2006
Ces pilotes qui ont marqué l'histoire... (13) Michael Schumacher "le Baron Rouge" -partie 1-
Michael Schumacher est sans conteste l'un des plus grands pilotes qu'ait connu le sport automobile. L'un des plus grands mais aussi l'un des plus controversés... Son règne est sans doute le plus prolifique mais c'est aussi celui qui a le plus de points sombres difficiles à éclaircir. A l'instar d'Ayrton Senna (Ces pilotes qui ont marqué l'histoire n°9), il ne laisse personne indifférent: soit on l'aime, soit on le déteste. Je ne pouvais pas faire une chronique des pilotes qui ont marqué l'histoire (par leur palmarès, leur caractère etc) sans mentionner Schumacher, véritable icône de ce sport. Puis ce sera une forme d'hommage puisqu'il vient de partir à la retraite après quinze ans passés au plus haut niveau. Je partage l'article en deux parties car il y a énormément à dire: "les années Benetton" puis "les années Ferrari".
Il débarque en quasi-inconnu au Grand Prix de Belgique 1991 dans la modeste écurie Jordan. Une septième place sur la grille de départ, un abandon dans les premiers mètres de la course: le jeune Michael Schumacher (22 ans) vient de débuter une véritable histoire d'amour avec la Formule 1. Il n'en faut pas plus pour le rusé Flavio Briatore, manager de l'équipe Benetton, qui saute sur l'occasion en l'engageant.
L'Allemand ne va pas le décevoir: dès sa première course dans l'écurie, il termine cinquième et devant son coéquipier, le triple champion du monde Nelson Piquet! Il semble s'adapter facilement à la catégorie reine mais il a encore énormément à apprendre... C'est ce qu'il va faire en 1992, obtenant son premier podium au Mexique, pour la seconde manche de la saison mais aussi à s'accrochant à deux reprises avec le roi de l'époque, Ayrton Senna. Les discussions musclées qui ont suivi lui ont indéniablement forgé le caractère...
Puis c'est surtout cette année là qu'il s'impose pour la première fois en Belgique, profitant des conditions piégeuses pour devancer tous ses adversaires. Certains le savent déjà, ils viennent de voir la première victoire d'un véritable génie. 1993 est une année assez similaire où il continue son apprentissage: des podiums, des points et une autre victoire, au Portugal.
En 1994, Schumacher prend une autre dimension. Après les retraites successives de Piquet, Mansell et Prost, Ayrton Senna se sent bien seul. Mais la nouvelle vague n'est pas loin, avec l'Allemand en leader. Surtout que la Benetton-Ford se comporte à merveille, comme l'ont montré les essais hivernaux. Les observateurs s'attendent à un grand duel, entre deux pilotes charismatiques et avec une symbolique non négligeable: le roi glorieux actuel et le jeune loup qui a faim de victoire. Un beau duel très vite écourté avec la mort du champion brésilien à Imola. Le monde de la F1 semble orphelin d'un de ses plus grands champions, mais M.Schumacher, malgré la tristesse qui le submerge est prêt à le remplacer au pied levé...
Il remporte les quatre premières courses de la saison et semble être en route pour remporter le titre. Mais son premier titre est obscuri par quelques points de controverse: dès le début de la saison, Senna pense fortement que Benetton triche en utilisant un système d'anti-patinage prohibé. En Grande-Bretagne, Michael est disqualifié pour avoir ignoré les drapeaux noirs, puis il est exclu pour deux courses et lors de la dernière manche, en Australie, alors que Damon Hill et lui sont séparés d'un point au championnat, ils s'accrochent et Schumacher remporte le titre.
Il lave l'affront en 1995 où, disposant du meilleur moteur, le Renault, il survole le championnat. Il remporte neuf victoires, égalant ainsi le record de Nigel Mansell (Ces pilotes qui ont marqué l'histoire n°8) de 1992 et devient le troisième pilote de l'histoire à dépasser les cent points sur une saison. Il est déjà double champion du monde, et la Formule 1 semble s'être trouvé un nouveau patron. A la fin de la saison, alors qu'il est courtisé par les meilleures écuries (Williams, Mclaren ou Benetton chez qui il était), Michael Schumacher décide de s'engager chez Ferrari qui est en petite forme. Il a un objectif et compte bien le réaliser...
(A suivre...)



























