15 juin 2009
En quête d'Afrique - L'Ombre d'un génocide
On n'en parle plus mais la guerre au Darfour n'est pas encore finie. J'ai déjà parlé de ce conflit il y a maintenant quelques années. La presse n'en parle plus mais la situation semble toujours aussi compliquée dans cette région du Soudan. Le 14 juillet 2008, le procureur de la Cour pénale internationale a demandé aux juges de la CPI d'émettre un mandat d'arrêt à charge d'Omar el-Béchir, le président soudanais parce qu'il aurait commis des crimes de génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre au Darfour. L'ONU est aujourd'hui présent au Darfour au travers d'une Mission Conjointe des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour (MINUAD), qui s'élève à un effectif militaire de 30 600 personnes.
Voici un reportage datant de 2006 réalisé par Jean-Louis Saporito et Kazuta Hioki. Il présente de manière complète et précise le début du conflit et les différentes enjeux. Un reportage vidéo, quand il est bien fait, vaut parfois plus que tous les mots du monde. Pour ne pas oublier que durant le conflit, un génocide a fait 300 000 morts et 2,7 millions de personnes déplacées. Pour ne pas oublier qu'encore aujourd'hui, la folie meurtrière n'est pas si loin de nous...
25 février 2008
Les points chauds du globe... Le Tibet
Il y certaines choses sur lesquelles je suis incapable d'écrire car je ne connais pas assez de choses sur le sujet ou tout simplement car je n'ai pas de véritable source. Dans ce cas-là je préfère réutiliser quelques textes qui ont déjà été écrits. L'Histoire du Tibet est assez complexe car jonchée par de multiples conflits, de nombreux pays voisins ayant tenté de le contrôler. Il faut savoir que depuis maintenant plus de cinquante ans, le Tibet n'est plus un pays indépendant mais une région dite "autonome" de Chine. Ce qui suit provient des sites http://www.tibetan.fr/info/hist.html et http://www.tibet-info.org/tibet/Histoire/histindex.html ce dernier étant un extrait d'une conférence de Mr Van Walt Van Praag sur le sujet. Cela concerne uniquement le XXème siècle et l'invasion par la Chine car j'ai préféré m'intéresser exclusivement à l'Histoire récente.
Le Tibet au XXème siècle
Le statut du Tibet à la suite de l'expulsion des troupes mandchoues ne fait pas l'objet d'un sérieux différend. Quels que fussent les liens existant entre les Dalaï-Lamas et les empereurs Mandchous de la dynastie Qing ceux-ci s'étaient rompus avec la chute de cet empire et de cette dynastie. Depuis 1911 jusqu'à 1950 le Tibet réussit à éviter toute ingérence étrangère indue et se conduisit sous tous les aspects comme un Etat tout à fait indépendant. Le Tibet maintint des relations diplomatiques avec le Népal, le Bhoutan, la Grande-Bretagne et, plus tard, avec l'Inde indépendante. Les relations avec la Chine demeurèrent tendues. Les Chinois entreprirent une guerre de frontière contre le Tibet, tout en l'invitant à se « joindre » à la République chinoise et en soutenant devant le reste du monde que le Tibet était déjà l'une des « provinces » de la Chine.
Dans le but de réduire les tensions sino-tibétaines, les Britanniques convoquèrent une conférence à trois en 1913 à Simla, où les trois Etats se rencontrèrent en égaux. Comme le délégué britannique le rappela à sa contrepartie chinoise, le Tibet participait à cette conférence-là en tant que nation indépendante qui ne reconnaissait aucune obéissance envers la Chine. La conférence échoua car elle n'aboutit pas à la résolution du différend entre la Chine et le Tibet. EIle fut pourtant utile, parce que l'amitié anglo-tibétaine fut réaffirmée par la conclusion d'accords bilatéraux dans les domaines du commerce et des frontières. Par une Déclaration conjointe, la Grande-Bretagne et le Tibet s'engagèrent à ne pas organiser la suzeraineté chinoise, ni aucun autre droit spécial chinois au Tibet, à moins que la Chine ne signât le projet de Convention de Simla qui garantirait les plus grandes frontières du Tibet, son intégrité territoriale et sa pleine autonomie. La Chine ne signa jamais cette Convention, tout en laissant pleinement en vigueur les conditions établies dans la Déclaration conjointe.
Le Tibet conduisit ses relations internationales en traitant avec les missions diplomatiques britannique, chinoise, népalaise et bhoutanaise de Lhassa, mais aussi au moyen de délégations gouvernementales en voyage à l'étranger. Lorsque l'Inde devint indépendante, la mission britannique de Lhassa fut remplacée par une mission indienne. Durant la seconde Guerre Mondiale, le Tibet demeura neutre, en dépit des fortes pressions exercées par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine afin que le passage de matières premières par son territoire fût autorisé. Le Tibet n'entretint jamais de relations internationales étendues, mais les pays avec lesquels il en eut, traitèrent le Tibet de la même façon que n'importe quel autre Etat souverain. Son statut international en effet n'était guère différent de celui par exemple du Népal ; ainsi, lorsque le Népal présenta sa demande d'adhésion aux Nations Unies en 1949, il mentionna ses traités et relations diplomatiques avec le Tibet afin de démontrer sa pleine personnalité juridique internationale.
L'invasion du Tibet
Le moment décisif dans l'histoire du Tibet eut lieu en 1949, lorsque l'Armée populaire de libération de la RPC pour la première fois pénétra au Tibet. Après avoir défait la petite armée tibétaine et avoir occupé la moitié du Pays, le gouvernement chinois, en mai 1951, imposa au gouvernement tibétain le prétendu Accord en 17 points pour la libération pacifique du Tibet. Cet accord, signé sous contrainte, n'était pas valable sur la base du droit international. La présence de 40 000 soldats chinois au Tibet, ajoutée à la menace d'occupation immédiate de Lhassa et à la perspective du complet effacement de l'Etat tibétain ne laissaient guère de choix aux nationaux. Afin de contrer la montée d'une active résistance à l'occupation chinoise, notamment au Tibet oriental, la répression chinoise s'accentua, entraînant la destruction de bâtiments religieux et l'arrestation de moines et d'autres leaders de la communauté. En 1959, les soulèvements populaires culminèrent avec des démonstrations de masse à Lhassa. La Chine écrasa le soulèvement. Dans la seule région de Lhassa quelque 87 000 Tibétains furent tués et le Dalaï-Lama dut s'enfuir en Inde, où il réside maintenant avec le gouvernement tibétain en exil.
En 1963, le Dalaï-Lama promulgua une constitution pour un Tibet démocratique, qui a été appliquée avec succès, dans la mesure du possible, par le gouvernement tibétain en exil. Au Tibet, entre-temps, la persécution religieuse, les graves violations des droits de l'Homme, la destruction systématique des bâtiments religieux et historiques par les autorités occupantes n'ont pas réussi à détruire la volonté du peuple tibétain de résister à la destruction de son identité nationale. À la suite de l'occupation chinoise, 1 200 000 Tibétains (c'est-à-dire plus d'un sixième de la population totale) ont perdu la vie. Mais la nouvelle génération tibétaine semble autant déterminée que la génération précédente pour reconquérir l'independance du pays.
La pertinence des arguments de la Chine
"La République populaire de Chine a envahi et occupé le Tibet par la force. Or, la souveraineté ne saurait être acquise ou transférée par la menace ou l'usage de la force, du moins depuis l'entrée en vigueur de la Charte des Nations Unies. La RPC a imposé un traité au Tibet sous la menace et par la force. En droit international, des traités de cette nature sont nuls ab initio. Ils sont donc sans effet, qu'ils aient ou non été répudiés (comme le Dalaï Lama l'a fait en l'espèce dès qu'il en a eu l'occasion). La RPC maintient son emprise sur le Tibet par le recours constant à la menace et la force. Or, un droit de souveraineté ne saurait s'acquérir par l'usage illégal de la force; il ne saurait pas non plu s'acquérir par l'usage prolongé de la force. Il pourrait en être autrement si l'occupation était pacifique, si elle était suffisamment acceptée et si les prétentions de la Chine n'étaient pas contestées. Les Chinois sont toutefois obligés de maintenir des centaines de milliers d'hommes de troupe au Tibet pour contrôler une population de 6 millions de personnes. Les Tibétains se sont soulevés à de nombreuses reprises. Le soulèvement le plus connu, celui de 1959, a coûté la vie à plus de 100.000 Tibétains. En 1972, 12.000 Tibétains ont été tués. La guerilla antichinoise s'est poursuivie jusqu'en 1974. La résistance clandestine se renforce. Le gouvernement et la communauté en exil opposent un déni constant aux prétentions chinoises.
Le gouvernement tibétain en exil, qui est la continuation du gouvernement légitime du Tibet indépendant à Lhassa, fonctionne comme un vrai gouvernement - avec un exécutif, un législatif et un système judiciaire- malgré des circonstances difficiles. Pour parler avec un éminent spécialiste du droit international, le juge D. Jessup, disons que: rien n'atteste mieux le dynamisme et la continuité de l'Etat occupé que l'existence et l'activité d'un gouvernement en exil ou, pour parler mieux et plus clairement, d'un Etat en exil. Le Tibet est le plus grand territoire à avoir été dépouillé de sa souveraineté depuis la Deuxième Guerre Mondiale, et le gouvernement tibétain en exil est le seul gouvernement en exil qui soit actuellement en exercice dans le monde. Des annexions de cet ordre n'ont jamais été reconnues, même pour des territoires plus petits. Rappelons une fois encore que la RPC est un des défenseurs les plus ardents du principe voulant que nul territoire ne peut s'acquérir par la force, par des traités iniques ou imposés par la contrainte, ou par le biais d'une mainmise prolongée. Par conséquent, et de l'aveu même de la RPC, le Tibet ne saurait être reconnu comme faisant partie de la Chine.
Rappelons une fois encore que la RPC n'a jamais fait valoir qu'elle avait annexé le Tibet en 1950 ou depuis 1950. La RPC prétend que son titre de propriété sur le Tibet est fondé uniquement par l'histoire ancienne, d'où elle tire les trois arguments cités. Or, comme on l'a vu, ces arguments ne résistent pas à l'examen et ne prouvent absolument pas que le Tibet aurait été incorporé autrefois dans la Chine et serait devenu partie intégrante de ce pays. Il s'en suit que le Tibet est, à ce jour, un Etat indépendant de plein droit. L'occupation persistante du Tibet par la Chine constitue donc une violation grave du droit international. Telle est l'interprétation correcte de la situation et du comportement de la Chine ainsi que de la manière dont elle traite la question tibétaine au niveau international.
Enfin, la RPC prétend que le Tibet était un pays arriéré et que les Tibétains avaient besoin de l'aide chinoise pour se développer. C'est ainsi qu'on a pu lire dans la 'Beijing Review' un article représentatif de cette conviction largement répandue parmi les Chinois, qui annonce dans le plus pur style colonialiste: "...nous sommes venus civiliser les pauvres indigènes arriérés...". Le Tibet de 1950 était économiquement, socialement et technologiquement sous-développé, c'est exact. Mais la plus grande partie de l'Asie, y compris la Chine, l'était tout autant à la même époque. Quelques pays asiatiques étaient peut-être plus avancés à cet égard, mais le Tibet n'était sûrement pas très différent de pays tels que l'Afghanistan, le Népal ou le Bhoutan, pour ne citer que quelques exemples centre-asiatiques. Et quand bien même le Tibet eût-il été particulièrement arriéré, était-ce une raison suffisante pour l'envahir et l'occuper?
Ce qui m'a frappé le plus lors de mes récents passages au Tibet, c'est combien peu le niveau de vie des Tibétains s'est amélioré en plus de quarante ans d'occupation chinoise. Sans doute, les infrastructures ont été développées et de nombreuses nouvelles constructions sont apparues dans les villes, qui se sont agrandies, mais ces progrès matériels ne profitent guère aux Tibétains ordinaires. En réalité, l'occupation chinoise s'est soldée pour les Tibétains par une somme extraordinaire de souffrances et de privations, qui est sans aucune commune mesure avec un quelconque progrès que les Chinois pourraient prétendre avoir apporté au Tibet. Jamais auparavant les Tibétains n'ont eu à subir une répression politique, religieuse et physique aussi féroce, ni de telles privations économiques, dont la famine. Il ne doit plus rester une seule famille tibétaine dont l'un ou l'autre membre n'ait pas été tué, emprisonné ou maltraité.
Alexandre Solsjénitsyne a dit du régime chinois au Tibet qu'il était le plus brutal et le plus inhumain de tous les régimes communistes de la planète."
(Michael Van Walt Van Praag)
22 août 2007
Les points chauds du globe... Le Darfour
Depuis 2003, le Darfour, une région du Soudan est en proie à une guerre civile aux conséquences catastrophiques pour la population. Certains parlent déjà de génocide pour qualifier ce qui se passe au Darfour. Génocide certes moins brutal que celui du Rwanda mais tout aussi meurtrier dans le temps. Etrangement, les informations télévisées ne font qu'effleurer le sujet et il faut se reporter à la presse écrite ou à Internet pour en savoir un peu plus sur ce qui se passe là-bas. J'ai fait quelques recherches sur le sujet afin d'écrire, sans prétentions, un article dont le but serait d'informer sur certains points (je ne suis pas spécialiste) les personnes qui vont s'y intéresser.
Qu'est-ce que le Darfour?
Le Darfour est une région du Soudan (dont la capitale est Khartoum), pays du Nord-Est de l'Afrique, situé à l'Est du Sahara. Le Darfour est peuplé de 5 à 6,1 millions de personnes; la région a un très faible niveau de développement : seulement un tiers des filles (pour 44,5% des garçons) va à l'école primaire. Trois tribus principales sont installées au Darfour : les Four (qui a donné son nom au Darfour), les Masalit et les Zaghawa. En 2003, le pays vient à peine de sortir d'une seconde guerre civile, débutée en 1983, opposant le gouvernement soudanais aux rebelles du Sud. La population avait (déjà) souffert de cette guerre avec 4 millions de personnes déplacées et 2 millions de personnes décédées.
Les origines du conflit
Les raisons du conflit sont multiples et liées entre elles :
- Une origine climatique et environnementale : un phénomène de sécheresse dans tout le Sahel, qui s'amplifie et de désertification qui a commencé depuis les années 1970.
- Une explosion démographique, la population a doublé en 20 ans.
- Une compétition pour l'espace.
- Des ethnies différentes, aux répartitions imbriquées.
- Un pays vaste et mal unifié, le Soudan. Le pouvoir central néglige les peuples de la périphérie qui se révoltent.
- La découverte de ressources pétrolières qui suscitent les convoitises de grandes puissances, en particulier de la Chine et des États-Unis.
Pendant l'hiver 2003, l’opposition au président soudanais Omar el-Béchir fait entendre sa voix. En représailles, Khartoum laisse agir les milices arabes (les Janjawids, "les cavaliers de guerre") dans tout le Darfour. Les armées soudanaises bombardent les villages du Darfour. Les populations sont victimes de bandes armées que le gouvernement de Khartoum semble laisser faire. Plus grave, humanitaires et diplomates accusent le gouvernement d'avoir armé et payé les Janjawids…
Un bilan humain catastrophique
Les principales victimes sont les populations civiles de Darfour qui subissent les attaques de Janjawids. L'ONU parle de crime contre l'humanité. Il s'agit de massacres. Les États-Unis parlent de génocide.
- Le décompte des victimes
- Selon le ministère des affaires étrangères: 200 000 morts ( septembre 2006)
- Selon l'ONU:
- 400 000 personnes "ont perdu la vie" ( septembre 2006)
- plus de 200 000 personnes "ont été tuées" ( Mai 2007)
Le bilan humain s'alourdit toujours depuis février 2003 : meurtres, viols, y compris de fillettes, sont rapportés par les témoins dans les camps de réfugiés. Les premières victimes de la crise sont les enfants. Les causes de mortalité infantile sont multiples : sous-nutrition (un bol par jour d’assida, c'est-à-dire d'un mélange de farine et d'eau), maladies diarrhéiques (choléra) provoquées par la pollution de l'eau, blessures, pneumonies, fièvres.
Au mois de juillet 2004, le congrès des États-Unis vote à l’unanimité une résolution pour donner un nom aux exactions des Janjawids au Soudan : génocide. Se référant à une enquête faite pendant l’été 2004 dans dix-neuf camps de réfugiés soudanais au Tchad, le secrétaire d’État américain Colin Powell qualifie les événements du Darfour de génocide en septembre 2004. Il souhaite ainsi dénoncer les violences des milices arabes sur les populations du Darfour. Les rebelles sont satisfaits de cette reconnaissance et réclament une intervention directe de la communauté internationale.
Selon le président de Médecins sans frontières, la majorité des victimes auraient été faites entre 2003 et 2005, et depuis, le conflit aurait « baissé d'intensité », avec actuellement 200 morts par mois.
- Les populations déplacées
Les destructions, les villages rasés, la politique de terre brûlée (attaque et vol du bétail, champs incendiés) forcent les populations à partir :
- 12 camps de réfugiés au Tchad : Bredjing ( 28 000 réfugiés)…
- Des dizaines de camps de déplacés:
- Géreida(128 000 déplacés),
- Zalingeï (95 000 déplacés),
- Kalma (91 000 déplacés),
- El-Geneïna…
À Riyad (20 000 déplacés), les réfugiés sont essentiellement des femmes et des enfants. Les ONG, le Programme alimentaire mondial et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés se plaignent. Le manque de sécurité gêne le travail des ONG ; plusieurs travailleurs humanitaires soudanais ont été enlevés. Le président soudanais est accusé.
Témoignages de victimes
"Je vivais avec ma famille à Tawila et j'allais à l'école quand, un jour, les Janjawids sont arrivés et ont attaqué l'école. On a tous essayé de sortir de l'école mais on a entendu des bruits de bombardement et on a commencé à courir dans tous les sens. Les Janjawids ont attrapé plusieurs filles : j'ai été violée par quatre hommes à l'intérieur de l'école. Quand je suis revenue, j'ai découvert qu'ils avaient détruit tous les bâtiments.
Deux avions et un hélicoptère avaient largué des bombes. Un de mes oncles et un cousin ont été tués dans l'attaque".
" Je dormais quand l'attaque contre Disa a eu lieu. J'ai été emmenée par les assaillants. Ils portaient tous des uniformes, en même temps que des dizaines d'autres filles. On nous a fait marcher pendant trois heures. Pendant la journée, ils nous ont battues et les Janjawids nous ont dit : " Vous, les femmes noires, on va vous exterminer ; vous n'avez pas de Dieu ". Ils nous ont violées plusieurs fois la nuit. Les Arabes nous gardaient avec des fusils. Pendant trois jours, nous sommes restées sans nourriture."
Rapport d'Amnesty International sur le Viol comme arme de guerre.
Les positions internationales
La France
Longtemps soupçonnée de complaisance envers le Soudan, la France est aujourd'hui en conflit larvé avec le gouvernement de Khartoum, en raison de l'aide militaire qu'elle apporte aux gouvernements du Tchad et de la Centrafrique, en butte aux incursions de forces rebelles dont les bases de repli se situent en territoire soudanais.
Les États-Unis ont décrété un embargo sur la vente d'armes au Soudan et contre certaines compagnies pétrolières est-africaines. George W. Bush désire faire passer au Conseil de sécurité des Nations Unies une résolution pour obtenir des mesures multilatérales.
La Chine
La Chine vend beaucoup d'armes au Soudan depuis quelques années et achète 65% de la production pétrolière soudanaise. Selon le député canadien Maurice Vellacott, « la plupart des armes utilisées pour tuer, violer, piller et le reste sont fabriquées au Soudan dans des usines chinoises ». Vellacott critique aussi les utilisations répétées du droit de veto dont la République populaire de Chine a fait usage concernant des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies contraignant le Soudan à arrêter les exactions des milices Janjawids au Darfour. La Chine s’oppose aussi aux sanctions commerciales.
L'Union africaine s'engage activement dans la résolution du conflit du Darfour. Elle bénéficie notamment de l'appui de l'Union européenne, des États-Unis et du Canada. À ce jour près de 7 000 soldats africains ont été déployés sur le terrain. C'est la première mission de maintien de la paix gérée par une institution africaine. Néanmoins malgré tous les efforts, la mission manque de ressources financières, qui si elles ne sont pas comblées, peuvent mettre à mal la réussite de ce véritable exploit africain.
Comme très souvent, ce sont d'abord les intérêts commerciaux qui dominent et les pays occidentaux ne désirent pas intervenir tant que certains de leurs intérêts ne sont pas menacés... Cependant, il faut bien constater que les choses sont en train de bouger au sein de ces pays, notamment grâce aux collectifs des ONG qui font pression sur les gouvernements (sauf en Chine). Les chefs de gouvernement commencent ainsi à s'intéresser sérieusement à la question et peu à peu, s'organisent. Il faut aussi dire que la question est très loin d'être réglée...
(sources: wikipedia et "Sauver le Darfour")
05 août 2007
Les points chauds du globe... La Yougoslavie
Jusqu'en 1991, cet Etat de l'Europe du Sud-Est se situant sur la péninsule balkanique, d'une superficie de plus de 250 000 km² et comptant alors 23 millions d'habitants, était constitué d'une fédération composée de six républiques (la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, la Macédoine et le Monténégro) et de deux provinces autonomes mais rattachées juridiquement à la Serbie (le Kosovo et la Voïvodine). Deux conflits successifs, en Bosnie et au Kosovo, devaient suivre l'implosion du pays survenu à l'occasion de la disparition du communisme, plaçant la Yougoslavie au coeur de l'actualité depuis une décennie. La République fédérale de Yougoslavie s'est ainsi vue réduite à 102 000 km² et 10,6 millions d'habitants en 1991.
L'Histoire de la Yougoslavie au XXème siècle
Ce pays, dont le nom signifie "Slaves du Sud", se caractérise par la diversité de ses origines, de ses confessions et des influences extérieures rencontrées. Ses fontières sont fixées par les traités de paix de 1919 et 1920 qui s'inspirent du principe des nationalités et du droit des peuples à disposer d'eux-même proposés par les "quatorze points" du président américain Wilson. Mais l'union des Slaves du Sud va rapidement se heurter aux différences qui persistent entre les divers peuples qui la composent.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Yougoslavie est démembrée par les invasions italiennes puis allemandes; le ressentiment entre les nationalités additionné au fascisme croate et à sa collaboration étroite avec les nazis conduit à des massacres. Les Oustachis croates, menés par Ante Pavelic, entreprennent une extermination systématique des Serbes de Bosnie, faisant au moins 500 000 victimes. Libéré par la résistance intérieure, le pays devient en 1945 une république sous l'autorité de Josip Broz, dit Tito, qui instaure un régime communiste indépendant de Moscou. La Constitution de 1946 en fait une fédération de six républiques disposant d'une certaine autonomie mais soumises au contrôle étroit de Belgrade où siège un gouvernement central autoritaire. En 1974, une nouvelle Constitution dotait les régions autonomes du Kosovo et de Voïvodine, jusqu'ici intégrées à la Serbie, d'un statut de quasi-république.
L'ère des affrontements
En 1980, la disparition de Tito entraîne l'instabilité dans ce pays déjà en proie à de fortes difficultés économiques et à l'affaiblissement rapide du pouvoir central, que ne feront qu'aggraver les évènements entre 1989 et 1991 enchaînant la chute du communisme en Europe de l'Est. A ces inquiétudes s'ajoutent les revendications des diverses nationalités qui souhaitent s'accaparer le pouvoir, en particulier les Serbes (majoritaires démographiquement) et les Croates
En 1986, un mémorandum serbe proclame le droit de ceux-ci à vivre dans un seul Etat, les frontières intérieures devant être révisées si nécessaire au nom du droit des peuples à disposer d'eux-même. Puis, en 1989, sont organisées les élections en Serbie qui amènent au pouvoir un dirigeant nationaliste serbe, Slobodan Milosevic. Milosevic souhaite instaurer une nation regroupant tous les Serbes de Yougoslavie et établir un contrôle absolu sur le "berceau de la nation", le Kosovo (peuplé à 90% d'Albanais).
Les choses vont alors s'accélérer: en février 1991, les Serbes de Krajina proclament leur sécession d'avec la Croatie et, alors que la Serbie entend être le gardien de la Fédération yougoslave, les Républiques de Slovénie et de Croatie déclarent leur indépendance le 25 Juin 1991. Ce sera le tour de la Macédoine en septembre suivant, puis de la Bosnie un mois plus tard.
Après un conflit très vite réglé avec la Slovénie, les troupes serbes se tournent alors vers la Croatie. La guerre va durer sept mois, se déroulant dans les régions à dominante serbe de la Croatie, c'est à dire en Krajina et en Slavonie. Si l'on peut considérer que les forces croates l'emportent, la Croatie perd néamoins un tiers de son territoire au profit de la Serbie, les combats prenant fin lors du cessez-le-feu de janvier 1992. La Communauté internationale reconnaît alors les pays nouvellement indépendants et le Conseil de sécurité des Nations Unies décrète un embargo sur les armes à destination de la Serbie. En février, il décide d'envoyer une force d'interposition composée de 14 000 casques bleus, la Force de protection des Nations Unies (Forpronu), qui s'avérera vite inefficace.
La guerre de Bosnie: 1992-1995
La Yougoslavie se retrouve réduite à seulement deux Etats, la Serbie et le Monténégro, en avril 1992 lorsque la Communauté internationale (CEE et ONU) reconnaît la Bosnie-Herzégovine comme Etat indépendant. C'en est trop pour la Serbie, d'autant que les Serbes de Bosnie entendent être rattachés à la Yougoslavie. Les Serbes envoient leus troupes prêter main forte aux milices de Bosnie pro-Serbes. La situation apparaît très critique car les Serbes de Bosnie ont annoncé la création d'une République des Serbes de Bosnie; les Croates fondent de leur côté l'Union croate de Bosnie-Herzégovine. La guerre éclate à Sarajevo, capitale de la Bosnie, assiégée à partir du 6 Avril, et s'étend rapidement sur tout le territoire. Des atrocités vont alors être commises envers les Croates et les Bosniaques au nom de la "purification ethnique" préconisée par les Serbes pour les chasser des territoires revendiqués: massacres, viols, camps aux conditions de détention extrêmement dures. Les Serbes contrôlent rapidement 70% du territoire bosniaque...
Les interventions des Nations Unies sont inutiles et la situation continue de s'aggraver. Les Croates revendiquent à leur tour la partition du pays, ce que ne veulent accepter les musulmans bosniaques, unitaires. L'armée bosniaque, bien que soutenue par des combattants volontaires étrangers venus d'Afghanistan, d'Iran et du Pakistan, n'occupe plus que 10% du territoire et continue de reculer. Les Croates de Bosnie proclament en août 1993 l'indépendance de leur propre zone sur le sol bosniaque, appelée l'Herceg-Bosna. Face à l'échec des initiatives onusiennes et de la diplomatie internationale, l'Otan apparaît comme le dernier recours: lorsqu'un obus explose sur le marché de Sarajevo en février 1994, faisant une soixantaine de victimes, l'Otan contraint les Serbes à reculer, les menaçant de bombardements. Les combats se poursuivent encore durant un an. En mai 1995, les Serbes de Bosnie -se sentant de plus en plus menacés par l'Otan qui vient d'effectuer un raid aérien au dessus de leurs positions- prennent en otage 326 casques bleus.
Juqu'en Août les Serbes vont s'acharner sur les "zones de sécurité", comme c'est le cas le 11 Juillet dans la ville de Sebrenica, prise par les Serbes, qui y massacrent plusieurs milliers d'hommes. La situation s'inverse alors: l'armée croate engage une très importante attaque, repoussant près de 300 000 Serbes qui sont à leur tour victimes de la purification ethnique, tandis que les forces de l'ONU opèrent contre les positions serbes. Le 30 Août, les Serbes de Bosnie chargent Milosevic de négocier un arrêt des hostilités. Ce sont les accords de Dayton (du nom de la base américaine où ils se déroulent), connclus en novembre 1995, qui mettent officiellement fin au conflit en Bosnie-Herzégovine. Conclus entre les présidents serbe, croate et bosniaque, ils maintiennent l'Etat bosniaque dans ses frontières d'avant-guerre, mais divisent celui-ci en deux entités: une Fédération croato-musulmane et une République serbe.
Le conflit du Kosovo
Cette petite province autonome, créée par la Constitution de 1974 est, au moment de la disparition de Tito (1980), l'objet d'un conflit de légitimité entre deux peuples. Les Serbes estiment que le Kosovo est le "berceau" de la Serbie, tandis que les Albanais considèrent qu'ils tirent leur légitimité d'une présence antérieure à l'arrivée des Slaves. Mais c'est surtout la question démographique qui va déclencher l'opposition entre les deux peuples puisque, sur les 2 millions d'habitants, 90% sont Albanais. Dès 1981, des troubles éclatent au Kosovo entre les deux ethnies: alors que les Albanais réclament un statut de République, la répression de Belgrade est terrible. Or, l'arrivée de Slobodan Milosevic va attiser les revendications des Albanais puisque le Kosovo perd son statut d'autonomie en 1989 et voit s'appliquer l'état d'urgence, avec l'arrivée de 35 000 soldats serbes appuyés par des milices armées.
Malgré l'énorme écart démographique, la politique de "serbisation" du Kosovo est lancée. Il s'agit pour le président serbe de faire renaître la "Grande Serbie" en agrandissant son territoire actuel par la domination sur toutes les régions où demeurent des Serbes. Programmes scolaires, orientations économiques, police, administration... sont confiées aux Serbes. Au printemps 1998, la situation commence à se dégrader dangereusement. L'UCK (l'armée de libération du Kosovo) monte en puissance: comptant environ 10 000 hommes, elle profiterait des différents trafics (de drogue, d'armes...) pour alimenter son financement. Après avoir provoqué plusieurs attaques terroristes et assassinats, elle gagne peu à peu du terrain sur les forces serbes du Kosovo. Les affrontements se multiplient, notamment dans la Drenica en février et mars 1998, entraînant la mort de 2000 personnes et l'exode de 250 000 réfugiés, faisant ainsi craindre une catastrophe humanitaire.
Après des rencontres de paix qui ont échoué, l'Otan lance les premiers bombardements aériens le 24 mars 1999. L'opération, baptisée "Force alliée", ne comprend cependant pas tous les pays de l'Alliance atlantique et ce sont surtout les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne qui y participeront. Compte tenu de l'ampleur des bombardements, l'arsenal militaire serbe est vite réduit et des milliers d'Albanais sont conduits à l'exil. La guerre durera jusqu'au 3 juin suivant, touchant près de 2000 cibles civiles ou militaires serbes, et tuant un millier de civils, essentiellement des Serbes. Slobodan Milosevic consent finalement à accepter un plan de paix, conclu le 9 Juin 1999, prévoyant le retrait des forces serbes su Kosovo. Dès le 20 mars 1999, le haut-commissariat aux Réfugiés et le Tribunal pénal pour la Yougoslavie avaient fait état d'atrocités commises par les Serbes contre la population du Kosovo; à l'issue de la guerre, des charniers seront également découverts. Deux ans plus tard, en juin 2001, Slobodan Milosevic, inculpé de crimes contre l'humanité, est transféré au Tribunal pénal international pour la Yougoslavie à la Haye.
29 juin 2007
Les points chauds du globe... Le Cambodge
Cet Etat d'Asie du Sud-Est, situé entre la Thaïlande au nord, le Laos au nord-est, le Vietnam à l'est et au sud, et bordé par le golfe de Thaïlande au sud et à l'ouest, s'étend sur plus de 181 000 km² et abrite actuellement 12 millions d'habitants. Le pays est surtout connu pour avoir été victime, entre 1975 et 1979, d'une dictature particulièrement meurtrière, celle des Khmers rouges.
I/Entre apogée et décadence...
Entre les VIe et XVe siècles de notre ère, le Cambodge fut le centre de la civilisation khmère, après que les Kambudjas aient réussi à conquérir ce qui était alors un royaume hindou. Le bouddhisme remplaça alors l'hindouisme comme principale religion et de nombreux temples furent construits dont celui situé dans la capitale, à Angkor, aujourd'hui si célèbre. L'empire khmer connaîtra son apogée entre le XIe et le XIIe siècle, période au cours de laquelle il s'étendra de la Thaïlande au golfe du Tonkin et dans le delta du fleuve Mékong, à l'extrême-sud de la péninsule chinoise. A partir du XIIIe siècle, le royaume cambodgien se déplace vers le sud, transférant sa capitale à Phnom Penh, et entame un long déclin, demeurant fréquemment menacé par ses voisins, jusqu'à ce qu'en 1854 le roi Ang Duong se tourne vers les Français pour assurer sa protection. La France établit son protectorat à partir de 1863, puis rattache le Cambodge à sa colonie d'Indochine; elle permettra par la suite au Cambodge de récupérer les provinces occupées par le Siam, dont la région d'Angkor. A l'issue de la Seconde Guerre Mondiale, le Cambodge est associé à l'Union française puis accède à l'indépendance en 1953. Le Cambodge s'est prudemment tenu à l'écart de la guerre de décolonisation indochinoise de 1946-1954, mais la guerre du Vietnam qui éclate au début des années soixante lui fera abandonner sa politique de neutralité.
Son ancien monarque, Norodom Sihanouk, avait abdiqué en faveur de son père en 1955 pour se lancer plus librement dans la politique et créer son propre mouvement, le Sangkum Reastr Niyum (la "communauté socialiste populaire"). A la mort de son père en 1960, le prince Sihanouk reprend le pouvoir, mais sans conserver son titre de roi, et entreprend de cultiver des relations cordiales avec le nouvel Etat du Nord-Vietnam, au prix de l'arrêt de l'aide financière américaine. Privée d'un soutien important, la situation économique du Cambodge s'aggrave, entraînant des protestations croissantes de la part de la population, tandis que la neutralité du pays est de plus en plus menacée par l'émergence de groupes communistes pro-Viet-Minh, les "Khmers rouges". Ces derniers lancent à la fin des années 1960 une telle insurrection dans le pays que Sihanouk est contraint de faire appel au général Lon-Nol, un anticommuniste convaincu, pour diriger le gouvernement. Sept mois plus tard, le 18 mars 1970, il orchestre un coup d'Etat qui destitue Sihanouk, avec la bénédiction des Américains.
II/Les Khmers rouges
Réfugié en Chine, le prince déchu se range aux côtés de Khmers rouges et crée en mai 1970 le "Gouvernement royal d'union nationale" (le Grunc) dominé par le parti khmer, le "Front uni national cambodgien" (Func). La guérilla lance ses opérations sur le territoire cambodgien, où le gouvernement fait appel aux Américains mais, en dépit de leur intervention, les Khmers rouges parviennent à prendre Phnom Penh le 17 avril 1975. Ils proclament l'"Etat du Kampuchéa démocratique", présidé par le prince Sihanouk et gouverné par le Premier ministre Pol Pot, leur chef. Un véritable régime de terreur se met alors en place: les élites sont massacrées avec leurs familles, les villes vidées de leurs habitants par la force (environ 50% de la population aurait ainsi été jetée sur les routes), contraints à tenter de survivre dans les campagnes, ou réduits en esclavage dans d'immenses travaux forcés... Aux 600 000 victimes de la guérilla de 1970-1975 s'ajouteront ainsi deux millions de morts supplémentaires. Dans sa politique d'uniformisation, Pol Pot annihile la personnalité de chaque Cambodgien (les cartes d'identité sont déchirées, les distinctions sociales sont supprimées, la population doit porter un vêtement uniforme noir) et toute trace de culture non marxiste (la monnaie disparaît, l'enseignement traditionnel est supprimé.)(!!!!!!!!!). Il déclare: "Nous devons donner de l'histoire du parti une image pure et parfaite"!
En décembre 1978, alors que la situation économique et humanitaire du pays s'avère catastrophique et que les protestations se multiplient dans la Communauté internationale, les autorités vietnamiennes décident d'intervenir militairement, sur les conseils de Moscou. Elles installent un nouveau régime communiste modéré alors qu'est proclamée la République populaire du Kampuchéa (RPK) présidée par Heng Samrin et dirigée par Hun Sen, le nouveau Premier ministre. Mais la lutte se poursuit car, aidés par la Chine, les Khmers rouges et les partisans de Sihanouk mènent une nouvelle guérilla depuis le nord-ouest du pays. En décembre 1987, des négociations s'engagent entre Sihanouk et Hun Sen, ainsi qu'entre les représentants chinois, vietnamiens, soviétiques... Aussi, bien que la paix ne soit pas encore signée entre Cambodgiens, les Vietnamiens se retirent du pays à l'automne 1989. Deux ans plus tard, le 1er mai 1991 le cessez-le-feu est signé.
III/ Le retour à la normalité
En mai 1993, le parti royaliste du prince Sihanouk, le "Front uni national pour un Cambodge indépendant, neutre, pacifique et coopératif" (Funcipec), remporte les élections devant le parti communiste (PPC) de Hun Sen. Norodom Sihanouk retrouve son trône et organise un gouvernement original comportant deux Premiers ministres: son fils, le prince Ranariddh, et Hun Sen. Ce système, difficilement viable, prend fin alors que Hun Sen parvient à écarter Norodom Ranariddh, en juillet 1997. En mars 1998, les élections législatives confortent le parti de Hun Sen au pouvoir; mais pour assurer une meilleure représentation des partis politiques et un équilibre avec l'Assemblée, un Sénat est instauré un an plus tard. Entre temps, la guérilla des Khmers rouges, qui s'était poursuivie en dépit des accords de Paris, signe en 1996 un traité de paix au sein duquel elle reconnaît l'autorité du nouveau gouvernement. Pol Pot, qui avait abandonné le commandement des Khmers rouges depuis 1985, devait mourir en 1998, après avoir été capturé et condamné à la prison à perpétuité l'année précédente.
Les Khmers tentent aujourd'hui de se fondre dans la vie politique légale: l'ancien bras droit de Pol Pot, Leng Sary, qui avait négocié sa reddition et celle de ses hommes en 1996, a ainsi fondé le "Mouvement démocratique national uni" (Dnum). Un tribunal "mixte" (organisé par l'Etat cambodgien et l'ONU) est aujourd'hui chargé de juger les Khmers rouges responsables de crimes contre l'Humanité commis entre 1975 et 1979. Malgré ces différentes avancées juridiques et politiques et une aide financière conséquente accordée par la Banque mondiale, la tâche du gouvernement demeure bien difficile, tant sur le plan économique que moral, dans un pays rongé par la douleur, la pauvreté et la corruption...
25 décembre 2006
Les points chauds du globe... L'Irlande du Nord
Il y a sur la planète quelques lieux où règne depuis des années, des décennies ou même des siècles la violence. Je tiens à revenir sur certains d'entre eux, peut-être les plus connus historiquement, dans cette nouvelle catégorie intitulée "Géopolitique". Pour ce faire, je vais utiliser l'ouvrage de Sophie Chautard: L'indispensable des conflits du XXème siècle.
I/ Une occupation britannique très ancienne
La "question irlandaise" date de plusieurs siècles. En effet, ce territoire de plus de 85000 km² est sous occupation -totale ou partielle- de l'Angleterre depuis le XIIème siècle. La principale tension entre les deux pays est religieuse: l'Angleterre devient anglicane sous Henry VIII au XVIè siècle alors que l'Irlande est très attachée à la religion catholique. Les années passant et les mesures anti-catholiques se succédant, la religion catholique, pratiquée de façon clandestine, devient alors plus que jamais l'instrument identitaire irlandais. La rébellion irlandaise s'organise, contraignant les Anglais à livrer bataille à plusieurs reprises. Vainqueurs, les Anglais imposent à l'Irlande l'Union Act en Juin 1800: l'Irlande est rattachée à la Grande-Bretagne qui devient le Royaume-Uni. A partir de 1900, le nationalisme irlandais continue à se développer à travers la Ligue gaélique, fondée en 1893, qui prône la défense de la culture et de la langue gaélique, et le Sinn Fein ("nous-mêmes" en gaélique), parti indépendantiste révolutionnaire apparu en 1905, proche des groupes d'action armée déjà existants.
II/ L'Etat libre d'Irlande du Sud
A partir de 1919, les protestations conjuguées à la lutte armée autour de l'IRA (Irish Republican Army) mise en place pour contraindre les Anglais à quitter l'Irlande sont menées par Michael Collins. Elles finissent par fléchir l'attitude des Anglais: le 6 Décembre 1921, le traité de Londres reconnaît l'Etat libre d'Irlande du Sud qui obtient le statut de dominion du Commonwealth au même titre que l'Afrique du Sud, le Canada... L'Etat libre d'Irlande ne comprend cependant pas les six comtés composant l'Ulster, à majorité protestante, province d'Irlande du Nord qui reste partie intégrante du Royaume-Uni. Une partition souvent jugée intolérable. L'Irlande va peu à peu s'affirmer face à Londres et adopte officiellement le nom d'Eire (Irlande en gaélique) en 1937. Elle adopte une ligne indépendante des intérêts britanniques qui tourne parfois à une certaine marginalité: lors de la Seconde Guerre mondiale, l'Irlande sera le seul dominion à rester neutre.
III/ L'impossible paix en Ulster
Le renforcement de son statut tant national qu'international ne calme cependant pas les provocations entre protestants et catholiques en Irlande du Nord... En 1970, l'IRA ressucite de ses cendres et change de méthode, en s'inspirant de la guérilla urbaine des mouvements révolutionnaires du Tiers-Monde. Face à elle, des paramilitaires protestants regroupés au sein de l'Ulster Volunteer Force, qui n'hésitent pas eux aussi à provoquer des attentats. Le climat est rude et les attentats vont se multiplier les années passant... Le 30 Janvier 1972, c'est le tragique "Bloody Sunday" où les parachutiste britanniques ouvrent le feu sur une manifestation pacifique, faisant 14 morts. En 1979 l'oncle de la reine, Lord Mountbatten, est assassiné par une branche dissidente de l'IRA, l'IRA provisoire. Nous sommes alors en plein paroxysme de la violence, que Margaret Thatcher ne va pas tenter de calmer: elle échappe à un attentat après qu'une bombe ait été placée dans son hôtel en 1984. Après plusieurs échecs de négociations de paix, les accords de Stormont sont signés le 10 Avril 1998 par Tony Blair, premier ministre britannique, Bertie Ahern, premier ministre irlandais et Gerry Adams, président du Sinn Fein. Seuls les catholiques modérés semblent disposés à vouloir la paix tandis que les extrémistes relancent les hostilités avec une nouvelle vague d'attentats en Août 1998, dont un particulièrement meurtrier à Omagh (29 morts), oeuvre de l'IRA-véritable, nouvelle branche dissidente de l'IRA.
Le 28 Juillet 2005, l'IRA a annoncé qu'elle déposait les armes et renonçait à la lutte armée. Dans un communique officiel, l'organisation informait alors qu'elle avait demandé à ses membres d'user désormais de moyens politiques pour obtenir la réunification du pays et la fin de la tutelle britannique sur l'Irlande du Nord. Il reste que depuis une trentaine d'années, le conflit nord-irlandais aura causé la mort de plus de 3600 personnes et fait 40000 blessés...



























