07 décembre 2009
De l'autre côté de l'Atlantique, Juan-Pablo Montoya...
... se fait remarquer! Que ce soit pour ses résultats ou son caractère, le Colombien ne passe pas inaperçu au sein de la discipline reine du sport automobile américain, le NASCAR. Personnage fantasque au grand coeur peu à son aise en Formule 1, il s'épanouit avec succès aux Etats-Unis. Vainqueur de sa première course dès sa première saison au sein de la Nextel Cup (la plus haute division, aujourd'hui appelée Sprint Cup) en 2007 et élu meilleur rookie la même année, Juan-Pablo Montoya a poursuivi son apprentissage en 2008 en alignant quelques podiums et Top 5 dont une première pole position au Kansas. Globalement, 2008 est une déception puisqu'il ne progresse pas par rapport à la saison précédente, terminant 25e du championnat alors qu'il avait fini 20e en 2007. Cependant, à coups de volant ou coups de poing, Juan se fait peu à peu une place chez les Américains.
Le premier non-Américain à se qualifier pour les playoffs (Chase)
En 2009, Montoya a démontré une belle régularité qui ont lui permis de se qualifier pour la Chase, les playoffs de la NASCAR. Réunissant les douze meilleurs pilotes de la saison, ce mini-championnat permet de déterminer le champion de l'année. Après avoir été le deuxième non-Américain à remporter une course en Nextel Cup, Montoya est cette fois devenu le premier à se qualifier pour la Chase! Pour seulement sa troisième saison au sein de la catégorie reine du NASCAR, la Sprint Cup, il a gagné le droit de se battre pour le titre. Et il n'a pas fait les choses à moitié! Dès le début de la Chase, il a fait la démonstration d'une belle vélocité et d'une régularité remarquable. Sur les dix manches décisives de la Chase, Juan a réussi à grimper sur trois podiums lors des six premières courses, signant même une pole position! A la moitié, il était classé à la troisième place de la Chase, se battant ainsi plus que jamais pour le titre!
A la recherche de victoires
Le problème c'est que depuis son exploit à Sonoma en juillet 2007 (alors qu'il s'était élancé de la 32e place), le Colombien n'est jamais remonté sur la plus haute marche du podium. Et dans le cas de la Chase, ne pas gagner devient critique. Sur les quatre manches restantes, Juan va chuter de la troisième à la huitième place au championnat à cause notamment de deux accidents (dont un, à la dernière manche, après un mano à mano de fortes têtes avec Tony Stewart). Juan-Pablo Montoya semble donc s'amuser comme jamais aux Etats-Unis. Au vu de son comportement sur la piste et de ses performances, on comprend pourquoi. Quitter la Formule 1 en 2006 était sans doute la meilleure chose qui pouvait lui arriver. So long Juan!
30 novembre 2009
Des fois, les photos parlent d'elles-mêmes... Connie Montoya (3)
08 janvier 2009
La rivalité J.P. Montoya/M.Schumacher
Cela fait plusieurs années que j'ai pensé à écrire ce message, depuis le retrait de Juan Pablo Montoya il y a maintenant deux ans et demi, sans jamais vraiment trouver le temps ou l'occasion. Deux ans et demi où la Formule 1 ne m'avait jamais semblé aussi fade, alors que ce sport avait toujours été une véritable passion pour moi depuis maintenant dix ans. Alors j'ai pensé qu'il serait peut-être temps que j'écrive vraiment quelque chose sur la rivalité Montoya/Schumacher car elle a, à mes yeux, marqué le début des années 2000 avec notamment une multitude de dépassements sur la piste et des mots doux en conférence de presse ou par journaux interposés... Si Montoya n'aura jamais obtenu un grand palmarès en Formule 1, il aura eu au moins le mérite de se frotter à l'un des plus grands champions de l'Histoire, avec une certaine inconscience qui le caractérise. Un culot et un franc-parler à nul autre pareil. Je sais que j'ai besoin de rédiger ce dernier message pour rendre un hommage à cet homme qui m'a fait énormément rêver. Voici une petite sélection vidéo des meilleurs moments...
Brésil 2001: Montoya annonce la couleur!
Au troisième tour de sa troisième course en carrière, Juan Pablo se permet un dépassement insolent sur le maître des lieux. Un des plus beaux de l'Histoire!
Je n'ai trouvé les vidéos que de trois actes de cette saison, mais qui restent les plus importants. Dans l'ordre: un dépassement magique par l'extérieur de Montoya en Australie, un accrochage au départ en Malaisie (où nous pouvons entendre le désormais célèbre "fucking idiot" du Colombien), suivi d'un autre accrochage au Brésil alors qu'ils partageaient les deux fois la première ligne de la grille.
Australie:
Malaisie:
Brésil:
2003: L'année de la lutte pour le titre
2003 est sans doute la plus belle année du Colombien en Formule1, où il a joué le titre pilotes jusque l'avant-dernière manche de la saison au volant de sa terrible Williams-BMW FW25. Une année où les confrontations sur la piste avec Michael Schumacher étaient donc plus directes que jamais... J'en salive encore!
Autriche:
Grand Prix d'Europe:
Italie
L'année 2004 est très différente pour les deux pilotes puisque là où Schumacher domine des pieds et de la tête le championnat, Montoya se bat pour accrocher des points. Cependant, ils ont quand même trouvé le moyen de se retrouver des situations cocasses et inattendues, comme en conférence de presse à Imola où Montoya déclarera qu'il faut être aveugle ou stupide pour ne pas l'avoir vu. Reste le dépassement du Grand Prix de Belgique qui est absolument hallucinant.
Imola:
Monaco:
Belgique:
Après avoir revisionné toutes ces vidéos, je me rends compte de l'intensité de la bataille à laquelle se sont livrés les deux champions. J'ai limité ce message aux années 2001-2004 car par la suite, Juan Pablo Montoya a été transféré chez Mclaren-Mercedes et les conflits ont été soudainement plus rares... L'image à retenir du Colombien est de toute manière ces fameuses années Williams-BMW où il était à la tête de l'armada des surpuissantes monoplaces de la marque à l'hélice. Montoya restera un des meilleurs combattants de l'Histoire de la Formule 1, bien que son palmarès ne soit pas à la hauteur de son talent. Un talent qui me manque toujours autant.
03 juillet 2007
Juan Pablo Montoya vainqueur en Nascar Nextel Cup!
Montoya l'a fait! Alors qu'on ne l'attendait pas aussi tôt, il vient de remporter sa première victoire au plus haut niveau de la Nascar, la Nextel Cup. Mais avant de parler de cette victoire, qu'est devenu le Colombien depuis le mois de Mars et sa victoire en Nascar Busch Series? Il a disputé la totalité des manches Nextel Cup avec des fortunes diverses. Brillant cinquième à Atlanta et huitième à Nashville, il a par la suite eu beaucoup de mal lors des huit épreuves suivantes, ne terminant même plus dans le Top 20.
Lorsque le monde de la Nascar s'est déplacé à Sonoma en Californie, Juan Pablo Montoya savait qu'il avait une chance de bien figurer. En effet, la seizième épreuve du championnat (sur 36) se disputait sur le circuit routier (c'est à dire comportant de nombreux virages, contrairement à un ovale) d'Infineon.
Juan Pablo Montoya, en tant qu'ancien pilote de monoplace, a une certaine expérience de ce type de circuit. Beaucoup plus que les autres pilotes de Nascar en tout cas, étant donné que le championnat ne compte que deux épreuves sur trente-six sur circuit routier! Malgré sa relative inexpérience en Nascar (rappelons qu'il en est à sa première saison), il espérait pouvoir réaliser un grand coup et se rapprocher un peu plus de la tête du peloton. Cependant, après les qualifications, cela semblait fortement compromis puisque Juan Pablo n'allait s'élancer que d'une lointaine trente-deuxième position sur la grille...
C'était sans compter avec la classe et la fougue du pilote colombien. Il a remonté lentement et sûrement son retard et ses adversaires avant de batailler avec le poleman, Jamie Mcmurray. Juan a pris définitivement le dessus à sept boucles de l'arrivée juste avant que son rival n'abandonne sur panne d'essence à deux tours du drapeau à damier. La consommation d'essence, c'est ce qui énormément compté dans la victoire de Montoya.
En effet, il a bouclé les 42 derniers tours sans ravitaillement! Pour pas mal d'observateurs, sa victoire est vue comme un exploit étant donnée sa relative inexpérience en Nascar. Il devient ainsi le deuxième pilote non-américain (après le Canadien Earl Ross à Martinsville en 1974) à s'imposer dans la catégorie reine de la Nascar et le troisième pilote à avoir remporté au moins une course en F1, en Champcar et en Nascar (après les Américains Mario Andretti et Dan Gurney). Bref, Juan Pablo Montoya confirme être un pilote touche à tout, et pas comme les autres à une époque où chacun se spécialise dans une catégorie...
05 mars 2007
Et pendant ce temps-là, Juan Pablo Montoya...
... remporte sa première course en Nascar! Avant de parler de cette magnifique victoire, voyons ce qu'est devenu le Colombien depuis qu'il a quitté la Formule 1 début Juillet 2006. Après deux mois d'inactivité, Mclaren a fini pour rompre son contrat et Juan a pu faire ses premiers essais Nascar pendant le courant du mois de Septembre.
Après les premiers essais viennent les premières courses en Nascar Busch Series (il y a deux divisions en Nascar: la Busch Series et la Nextel Cup, Montoya participe aux deux). Pour sa première course dans la catégorie ARCA (une classe en dessous de la Nascar) il n'est pas loin de réaliser un coup de maître puisqu'il termine en troisième position! Après cette belle course, il alterne le bon et le moins bon en participant au Nascar Busch Series: il tourne autour de la 10ème place en qualifications et en course (sur 43 concurrents). Pas trop mal pour un rookie, surtout qu'il a bien le temps d'apprendre.
Pour ses débuts en Nextel Cup il est victime d'un énorme crash à la suite d'un contact alors qu'il était assez bien placé. Il a ainsi pu apprendre que les pilotes de Nascar ne sont pas des enfants de choeur! Malgré tout, Juan Pablo s'éclate littéralement en Nascar et il a retrouvé un sourire que l'on ne lui connaissait plus depuis longtemps. Il s'amuse tellement qu'il a décidé au mois de Janvier de participer à une des courses d'endurance les plus prestigieuses au monde, les 24h de Daytona, qu'il remporte dès sa première participation! Il devient ainsi le premier pilote de l'histoire à avoir remporté le GP de Monaco, les 500 miles d'Indianapolis, les 24h de Daytona et le titre ChampCar en monoplace aux USA. Un beau palmarès!
Et cette nuit, il vient de remporter sa première victoire en Nascar, sur le circuit de Mexico, au terme d'une chevauchée fantastique. Alors qu'il s'élançait 3ème, il s'est vite retrouvé en 1ère position, menant fermement la course. Un soucis lors de son second pit-stop le renvoie en 19ème position. Il a doublé un à un ses concurrents pour reprendre la première place et gagner la course! Un véritable exploit! Maintenant, il doit encore progresser, particulièrement pour les courses sur ovale, s'il veut remporter le titre. A suivre!
Des fois, les photos parlent d'elles-même... Connie Montoya (2)
08 novembre 2006
Un jour important dans la carrière de Juan Pablo Montoya... Le 25 Septembre 2005
Au Brésil, Juan Pablo Montoya s'apprête à retrouver le public sud-américain qui le soutient activement chaque année. Il revient sur les terres de son exploit de l'année précédente, ce qui lui met une certaine pression sur les épaules. Il ne voudrait pas décevoir "son" public qui s'est déplacé spécialement de Colombie pour l'admirer. Sur le temps d'un week-end il voudrait se magnifier, être le maître parmi les maîtres. Il y est déjà parvenu deux fois cette saison (en Angleterre et en Italie) mais dans les deux cas Kimi Raikkonen, son coéquipier, avait été annoncé vainqueur moral des épreuves, après des remontées sur le podium d'assez loin sur la grille. Ici, sur un Grand Prix qu'il considère à domicile, il attend de pied ferme le Finlandais. Il a d'ailleurs déclaré quelques jours auparavant: "si Alonso est en 3ème position durant la course, je n'ai aucune raison de laisser passer Kimi (ndlr :Raikkonen, son coéquipier) et je gagnerais, puisque de toute façon Fernando (Alonso) sera titré." Le ton est donné... Le problème c'est que Montoya s'élance assez tôt dans la séance de qualifications après son abandon au Brésil. Raikkonen, lui s'élancera en dernier, ce qui va lui apporter un gain certain de performance. Mais Juan Pablo ne l'entend pas de cette oreille... Il prend tous les risques pendant son tour qualificatif parce-qu'il se sent bien, à l'aise au volant de la MP4-20. Contrairement en Allemagne où il s'était crashé dans le dernier virage, il termine son tour: 1'12"145! Le Colombien fait une moue approbatrice à son retour dans les stands, il sait qu'il vient d'accomplir une performance exceptionnelle. Ce qui n'est pas le cas de Kimi Raikkonen, qui commet une très grosse faute en bloquant sa roue au premier virage: 1'12"781. Juan Pablo Montoya s'élancera deuxième sur la grille de départ, Kimi Raikkonen seulement cinquième!
Sur la grille, Juan Pablo a pris place très tôt dans sa monoplace, il a besoin de concentration. Les feux s'allument un à un, la pression monte... Dès qu'ils s'éteignent, Juan Pablo lâche toute la puissance de son moteur Mercedes. Il arrive à garder la seconde position mais Kimi Raikkonen est déjà troisième! Tout de suite, il relâche la pression lorsqu'il voit les panneaux SC tout autour du circuit indiquant l'entrée en piste de la voiture de sécurité. Pendant les deux tours au ralenti qui suivent, Juan Pablo repense au bon coup qu'il avait fait cinq ans auparavant lorsqu'il avait doublé M.Schumacher après un restart tel que celui-ci. Cette fois-ci, c'est Fernando Alonso qui se trouve devant lui mais le Colombien n'aura pas plus de pitié. Lorsque la SC s'efface, Montoya se place dans l'aspiration de l'Espagnol et tente le même coup qu'en 2001 dans le S de Senna. Mal engagé, il est déporté vers l'extérieur de la piste dans la gauche précédent la ligne droite. Il revient alors dans le sillage de la Renault et lâche tous les chevaux que son moteur Mercedes peut lui offrir. A la moitié de la ligne droite, il se déporte sur la gauche de la piste; les deux monoplaces sont roues dans roues pendant plus de 200 mètres! A la zone de freinage, Fernando est encore devant mais le Colombien freine le plus tard possible et passe! Net et sans bavure, du Montoya tout craché... Il est alors en tête de la course, chose qu'il n'aurait pas espéré au vu de sa position de départ pour la séance de qualifications. Mais Kimi Raikkonen se montre particulièrement menaçant. Après avoir réalisé chacun leur premier arrêt, la plupart des observateurs sait que le Finlandais a plus d'essence que Juan. Au tour 54, Juan Pablo se dirige vers le box pour son second et dernier ravitaillement. Kimi a alors le champ libre et un avantage certain puisque la Mclaren du Colombien va être plus chargée en essence que la sienne. Montoya sait qu'il n'a plus qu'une chose à faire: attaquer, encore attaquer sans jamais penser à une possible erreur. Il a envie de prouver à tout le monde qu'il est aussi bon que ce damné Finlandais, que la Formule 1 pourrait être son royaume un jour. Il enchaîne les cinq boucles qui suivent avec la régularité d'un métronome et dans une fourchette qui est quasiment la plus rapide de la course. Au tour 59, Raikkonen se dirige vers le box. L'instant de vérité a sonné... Juan Pablo est à la limite dans le S de Senna, avec à ses côtés Raikkonen qui est en train de sortir des stands. Ils sont côte à côte mais Montoya a un meilleur élan et reprend la tête de la course! Il remporte le Grand Prix du Brésil alors que tout le monde attendait Raikkonen!
Une nouvelle fois, Montoya a démontré qu'il avait du talent et un panache inégalé. Il a aussi confirmé la véritable histoire d'amour qu'il entretenait avec le très technique circuit d'Interlagos, en y remportant sa seconde victoire consécutive, les deux fois en battant Raikkonen de haute lutte. C'était important pour lui de redonner un peu de baume au coeur à une Colombie en crise, de prouver qu'il était patriote à sa manière. Sa victoire au Grand Prix du Brésil 2005 était de plus le véritable moment fort de sa saison, où il a enfin pu prouver qu'il pouvait battre son coéquipier Kimi Raikkonen à la régulière. Il était obsédé par cette rivalité dans son équipe, et tenait absolument à battre le chouchou de Ron Dennis, son patron. C'est ce qu'il a fait de très belle manière en réalisant un dépassement magnifique sur Alonso et en résistant héroïquement à un Raikkonen plus léger en essence. C'est sans doute l'une des plus belles victoires de sa carrière et surtout sa dernière, un chef-d'oeuvre à la sauce si particulière "Montoya". Une de ces choses qui me font penser qu'il était un piment rouge dans le monde aseptisé de la Formule1... Ceci est le dernier chapitre de ma chronique "Un jour important dans la carrière de Juan Pablo Montoya...", que j'ai fait en hommage à la carrière F1 du Cogneur de Bogota, qui a claqué la porte de la catégorie reine au mois de Juillet. En écrivant tous ces articles j'ai réussi à exprimer la peine que j'ai ressenti au moment où il est parti, et je me suis surtout offert une cure de nostalgie bienvenue... J'espère vous avoir fait (re)découvrir de belle manière les frasques de ce pilote très talentueux, qui manquera à pas mal de personnes!
So Long Juan
01 novembre 2006
Un jour important dans la carrière de Juan Pablo Montoya... Le 16 Septembre 2001
Le 11 Septembre 2001, à 8h46 et à 9h03 les Etats-Unis sont touchés coup sur coup par des attentats inattendus. Avec la destruction des Twin Towers, coeur économique des Etats-Unis, l'Amérique est profondément blessée. Juan Pablo est déjà en Italie quand le drame se produit. Il découvre les images à la télévision et il ressent de la tristesse pour cette nation qui l'a accueilli à bras ouverts (il réside à Miami) et au sein de laquelle il se sent véritablement chez lui. Même s'il n'oublie jamais qu'il est Colombien et alors qu'il se bat pour son pays à sa manière, Juan Pablo se sent américain. Il se dit que le meilleur hommage qu'il puisse rendre c'est en montrant que la vie continue et qu'il ne faut pas surtout se laisser abattre car c'est ce que recherchent les terroristes. Il pense à la course de ce week-end à Monza et il voudrait montrer l'exemple de la réaction que tous les Américains devraient avoir: il gardera sa peine au fond de lui durant tout le week-end et il fera son boulot du mieux qu'il peut. Il rendra hommage aux victimes en ne lâchant rien, pas à un seul moment. Montoya respecte son engagement pendant la séance qualificative en signant la pôle position de manière convaincante, la troisième de sa carrière. Durant le briefing d'après-séance Juan arbore un brassard noir au bras gauche en signe de deuil. Il sait qu'il est le favori pour la victoire du lendemain si la voiture daigne se montrer fiable mais il sait aussi qu'il aura fort à faire face aux Ferrari et à son coéquipier Ralf Schumacher...
Juan Pablo réalise un départ parfait en négociant la première chicane en tête. Durant les premiers tours il a du mal à tenir sa voiture sur la piste étant donnée la lourde quantité d'essence qu'il a emporté: il est parti pour une stratégie à un seul arrêt. Barrichello en profite et le passe au huitième tour. Montoya ne s'inquiète aucunement: étant donné la vélocité de la Ferrari et les temps au tour réalisés par le Brésilien, il est plus léger que la Williams-BMW du Colombien et il doit donc être sur une stratégie différente. Il ne reste plus à Juan d'être le plus prudent possible en attaquant avec une voiture assez instable. Au dix-neuvième tour il sourit sous son casque lorsque la Ferrari de Rubens se dirige vers les stands. Juan Pablo sait qu'il lui reste alors à peu près une dizaine de tours d'autonomie en carburant et il doit tout faire pour mettre le plus de temps possible entre lui et Barrichello. Il réalise alors dix tours digne d'un équilibriste. Avec des pneus cloqués ayant perdu toute leur adhérence, il vole littéralement sur la piste en réalisant des chronos d'une régularité remarquable. Il se dirige vers les stands au 28ème tour, à peu plus de la mi-course. Après un ravitaillement rondement mené, il reprend la piste en seconde position, à une dizaine de seconde de Barrichello. Il sait qu'il est en position de force car un arrêt aux stands "coûte" en temps à peu près vingt secondes et Rubens doit encore en effectuer un, pas lui. Juan Pablo fait très attention durant les cinq tours qui suivent, tâchant de perdre le moins de temps possible. Lorsque le Brésilien s'arrête puis reprend la piste, Juan a un matelas confortable de dix secondes d'avance. Voyant la Ferrari n°2 revenir fortement sur lui, Montoya résiste du mieux qu'il peut. En passant à chaque tour à côté des stands, il a une goutte de sueur qui lui coule le long du front lorsqu'il voit l'écart fondre très rapidement sur les panneaux d'affichage. Il se dit alors que son rêve de victoire pourrait bien s'écrouler comme les deux tours du World Trade Center cinq jours plus tôt. Mais comme si le destin en avait décidé autrement, Juan Pablo Montoya remporte sa première victoire en Grand Prix!
C'est dans ces conditions un peu particulières que Montoya a remporté sa première victoire en Formule 1, première d'une belle série. Ca a été un véritable soulagement pour Juan, qui courait derrière elle depuis le début de la saison. Sur le podium, il a enfin pu laisser éclater sa joie, mais de manière retenue compte tenu des évènements qui ont précédé la course. Il n'y a pas eu de champagne sur le podium mais peu en importait pour le Colombien qui avait réalisé l'essentiel, en passant enfin la ligne d'arrivée en première position qui semblait se refuser à lui (il a abandonné en Allemagne sur casse moteur alors qu'il menait la course de main de maître). C'est ici, à Monza, lieu vraiment particulier pour la carrière du Colombien et dans ce contexte étrange qu'il a été le meilleur parmi les meilleurs. Comme une drôle de coincidence c'est lui qui remportera le Grand Prix d'Angleterre le 10 Juillet 2005, quelques jours seulement après les attentats de Londres du 7 Juillet. Il s'était donné comme pari de se montrer à la hauteur de l'évènement afin de soutenir moralement toute une nation, et il y est parvenu, démontrant une force de caractère hors du commun. Il n'est pas américain et ne le sera peut-être jamais (il est vraiment fier d'être Colombien et aime particulièrement sa patrie) mais il s'est senti comme obligé de faire quelque chose pour aider ses amis des Etats-Unis dont la famille a été touchée par ces évènements tragiques. Tout ceci a pratiquement éclipsé la performance de Juan Pablo, qui n'était pas à négliger. C'était la première victoire d'une série qui allait prendre fin bien trop vite...
24 octobre 2006
Un jour important dans la carrière de Juan Pablo Montoya... Le 9 Juin 2002
Dans l'avion qui l'emmène au Canada, Juan Pablo réfléchit longuement. Il est déçu de ne pas avoir fini la course précédente à Monaco d'autant plus qu'il s'élançait en pôle position. Le titre s'envole: M.Schumacher détient déjà 60 points contre 27 pour Montoya. D'un geste de la main et d'un grand sourire Connie, sa femme, lui fait oublier tous ses soucis. En voyant sa joie de vivre, il se remotive... Il sait que sa Williams FW24 est très performante, surtout ici, au Canada qui est un circuit de moteur. La puissance du bloc BMW pourrait lui être d'un grand secours sur le tracé de Montréal où les lignes droites sont légion. Il aura bien raison d'y croire d'ailleurs, puisque son coéquipier Ralf Schumacher et lui trustent les premières places durant les séances d'essais. Mieux, durant la séance qualificative, Juan réussit un nouveau tour comme lui seul peut en faire. A mi-séance, il s'élance pour l'une de ses dernières tentatives et il "éclate" les chronos en se procurant la pôle position et en relégant Michael Schumacher à plus d'une demi-seconde! A la fin de la séance, le Colombien affiche un large et beau sourire : il a confiance pour la course du lendemain mais il reste prudent car il connaît l'efficacité de Michaël Schumacher et de sa Ferrari...
Dès le départ, Juan défend chèrement sa position aux dépens de Schumacher. C'est en tête qu'il négocie le premier virage mais c'est à la seconde place qu'il achève la première boucle: Barrichello, plus léger en essence l'a dépassé comme une balle. Au 14ème tour, la voiture de sécurité sort pour ralentir la meute et permettre aux commissaires de piste de dégager la BAR-Honda abandonnée de Villeneuve, très mal placée. Montoya est le seul à profiter de la neutralisation pour s'arrêter aux stands. Il repart en cinquième position, juste derrière son coéquipier Ralf Schumacher, coincé depuis le départ derrière Kimi Raikkonen. Il a le couteau entre les deux. Il ne doit pas perdre de temps derrière eux s'il veut espérer revenir sur la tête de la course. Sous son casque, Juan Pablo fulmine... Si Ralf n'arrive pas à passer le jeune Finlandais rapidement, Juan perdra inexorablement du temps puisqu'il ne voudrait pas prendre de trop gros risques en tentant de passer son coéquipier. Au 17ème tour, la voiture de sécurité lâche la meute. Le Colombien observe la situation et comprend bien vite que Ralf n'est pas prêt à tenter le diable, il préfère rester bloqué plutôt de risquer l'accrochage avec Raikkonen. A la fin de la 18ème boucle, Raikkonen se loupe à la chicane juste avant la ligne d'arrivée et gêne Ralf en revenant sur la piste. Juan Pablo voit l'ouverture se créer devant lui et ne se gêne pas pour en profiter immédiatement: il se déporte sur le côté sale de la piste et appuie sur la pédale d'accélérateur comme un damné... Sur la ligne d'arrivée, les trois pilotes sont de front. Au moment du freinage, Juan est sur la ligne intérieure et il freine le plus tard possible. Au moment de tourner pour le second virage, il est devant, il les a passé tous les deux d'un coup!
Après ce haut fait d'arme qui a laissé la plupart du paddock pantois, Juan Pablo a tout tenté pour revenir sur Michaël Schumacher, en tête de la course. Il a réalisé le meilleur tour de la course à la boucle 39 et pensait vraiment pouvoir remporter la course... Mais c'était sans compter sur la fragilité du bloc BMW qui a une nouvelle fois cédé, laissant le Colombien à son désespoir. Malgré tout, il a une nouvelle fois montré une combativité de tous les instants et il n'a fait qu'étoffer un peu plus son sens inné du dépassement. Alors que son coéquipier est resté bloqué pendant 41 tours derrière Raikkonen, Juan Pablo n'a pas passé plus d'un tour derrière eux! Superbe! Comme si rien que le fait d'avoir la volonté lui avait donné des ailes... Malheureusement, ses ailes sont parties en fumée en même temps que le moteur BMW. Ce moteur qui l'avait déjà lâché à Monaco, mais aussi quatre fois en 2001. C'était véritablement le talon d'achille de la firme de Munich à cette époque et cela lui a empêché de jouer les premiers rôles. Ils étaient très rapides en qualifications, surtout avec Juan qui a signé dix pôles en deux ans (Ralf Schumacher seulement une!) mais ils avaient une mauvaise habitude à lâcher régulièrement. Mais Juan Pablo avait un moral d'acier à cette époque et rien ne pouvait l'atteindre, surtout s'il achevait une pareille démonstation de son talent, même par un abandon.
Vidéo de l'action: http://www.youtube.com/watch?v=uNy0tAzn2o0
16 octobre 2006
Un jour important dans la carrière de Juan Pablo Montoya... Le 29 Août 2004
Au moment où le petit monde de la Formule1 arrive en Belgique, rien ne va plus pour Juan Pablo Montoya. Il n'a pas terminé sur un podium depuis le Grand Prix d'Imola en début de saison et dans le paddock, les rumeurs circulent: on dit que le Colombien ne se donne pas à 100% en raison de son transfert prochain chez Mclaren-Mercedes... De plus, le cogneur de Bogota n'a toujours pas eu une victoire à se mettre sous la dent. Il se bat pourtant comme un beau diable au volant de la Williams-BMW FW26 comme l'a souligné Sam Michael, un des ingénieurs de l'écurie après le Grand Prix D'Angleterre, en déclarant que cette course avait peut-être été la plus belle de Montoya depuis qu'il est au sein de la formation anglo-allemande. Le Colombien est un peu sous pression en débarquant dans le plat pays mais il est motivé comme jamais. Pourtant, les choses ne se déroulent pas comme dans un rêve... Il s'est retrouvé sous les trombes d'eau durant les qualifications (à cause du système de qualifications où le pilote n'a le droit de ne faire qu'un tour rapide, d'après un ordre de passage pré-établi lors de la séance de la pré-qualifications. Autant dire qu'avec la pluie, ce n'est plus qu'une sorte de loterie...) et n'a réussi qu'une maigre performance en s'alignant sur la 11e place de la grille de départ.
Mais ce que ne sait pas Juan-Pablo au moment où il grimpe dans sa monoplace, c'est que sur le mythique circuit de Spa-Francorchamps, tout est possible. Le départ est chaotique, plusieurs voitures s'accrochent et perdent du temps. Agile comme il est, Montoya en profite et gagne cinq places en une seule boucle du circuit belge! Très vite, il se trouve dans les roues de Raikkonen, qui est lui-même un peu coincé derrière Michaël Schumacher, en proie à quelques problèmes de pneus (il n'a pas réussi à les faire chauffer correctement durant le tour de formation). Juste derrière la Ferrari, Juan attaque comme un damné. Il faut quatre tours à Montoya pour combler l'écart qui les sépare. Dans les échappements de la monoplace rouge, il échaffaude son plan. Il se rappelle du Grand Prix d'Imola et du coup de roue que lui avait mis Schumacher alors qu'ils engageaient l'épingle côte-à-côte, le poussant hors de la piste. Le bouillant Colombien n'avait pas du tout apprécié et l'avait fait savoir pendant la conférence de presse. Assis à côté de l'Allemand, Juan Pablo avait déclaré: "il faut être aveugle ou stupide pour ne pas m'avoir vu!". Aujourd'hui, ici en Belgique, l'heure de la revanche a sonné! Après le virage de Blanchimont, Montoya écrase la pédale d'accélérateur dans la longue ligne droite légèrement en dévers. Schumacher est encore loin devant au moment où Juan freine pour la chicane du Bus Stop. Ni une ni deux, il ne se pose pas de questions en voyant que M.Schumacher est en difficulté. Dans le premier virage à gauche serré de la chicane, le Colombien est à l'extérieur et alors que Schumacher freine le plus tard possible sur la trajectoire intérieure, la Williams est à sa hauteur au niveau du point de corde. Les voitures se frôlent mais Schumacher reste correct. Au second virage de la chicane, Juan est à l'intérieur et passe!
Après ce dépassement, Juan-Pablo a vraiment tout tenté pour revenir sur la tête de la course mais c'était un peu trop tard. Après avoir mené la course pendant un tour, il était solidement accroché à la troisième position avant que son pneu n'éclate au bout de la ligne droite des Combes. Dépassement sur Schumacher, troisième et dernier round. En 2001, 2003 et 2004 Montoya a réussi trois manoeuvres de dépassement sur l'Allemand de toute beauté. Il était venu en Formule1 pour se frotter au roi de la catégorie et il y est plutôt bien arrivé même si tout n'a pas toujours été courtois entre les deux hommes. Mais c'est ça la Formule1, une bonne vieille rivalité entre pilotes avec des dépassements, des accrochages et des mots forts dans la presse. Je n'ai ici parlé que des trois plus belles manoeuvres du Colombien sur M.Schumacher, car il y en avait bien d'autres mais aucune qui avait une telle symbolique, ce petit grain de folie et de courage sorti de nul part. Du panache incarné! Même s'il n'était pas le plus grand bosseur que la F1 ait connu, Montoya avait vraiment énormément de panache comparé à d'autres pilotes et un talent brut comme peu en avait ce niveau. C'est pour ça, cela me fait mal d'entendre des journalistes déclarer que Juan-Pablo ne manquera pas à la F1, qu'il ne lui a rien apporté de toute façon etc. C'est oublier que Montoya a commencé la F1 avant d'aller chez Mclaren et qu'il avait vraiment réussi de belles choses à cette époque. Juan Pablo Montoya, "the overtaker"...
Vidéo de l'action: http://www.youtube.com/watch?v=giZu7-A2yS0

































