Le Shintoïsme
Pratiqué essentiellement au Japon, le shintoïsme ne concerne que 2,7 millions de personnes dans le monde. Lorsque le bouddhisme pénètre au Japon, au VIe siècle de notre ère, le pays est animiste, vénérant diverses divinités de la nature. Leur croyance va alors prendre le nom de shinto (qui signifie en chinois "la voie des dieux") pour se distinguer du bouddhisme. Les deux croyances vont s'influencer mutuellement. Aujourd'hui, alors que les deux tiers de la population se déclarent non rattachés à une religion particulière, les Japonais sont à la fois shintoïstes pour les grands évènements de la vie (naissance, mariage etc.) et bouddhistes pour la mort et les funérailles.
Le shinto sera ensuite rédigé au VIIIe siècle, puis la rédaction de prières et l'organisation de cérémonies religieuses apparaîtront deux siècles plus tard. La rédaction du shinto établit son caractère polythéiste qui comprend 800 millions (!) de dieux (il s'agit d'un chiffre symbolique) appelés les kami. Sont vénérés non seulement les éléments de la nature comme l'océan et le vent, des animaux comme le renard, mais aussi les empereurs morts ou vivants, les personnalités militaires, les victimes de la guerre... Les rituels consistent en des purifications et des invocations aux kami par des prêtres.
Bien que le shintoïsme ne comporte pas de commandements absolus pour ses membres excepté de vivre "une vie simple en harmonie avec la nature et les hommes", on considère qu'il existe quatre préceptes de l'esprit shinto:
Tradition et famille: la famille est considérée comme le mécanisme principal pour la préservation des traditions. Ses principaux évènements sont les naissances et les mariages.
L'amour de la nature: la Nature est sacrée; être en contact avec la nature, c'est être près des kami. Les choses Naturelles sont vénérées car elles contiennent des esprits sacrés.
Propreté physique: les disciples du shinto se baignent, se lavent les mains, et se rincent la bouche aussi souvent que possible.
Matsuri: organiser des festivals dédiés aux kami. Les matsuri sont très nombreux, et leurs dates varient selon les lieux.
Au Japon, l'empereur avait autrefois un rôle religieux, qui avait été introduit par les shoguns au XVIIe siècle (ce sont des chefs militaires et civils japonais qui exercèrent leur pouvoir au Japon entre les XIIe et XIXe siècle) pour limiter le rôle politique du souverain et le concentrer sur la religion. D'après la légende, l'empereur serait le descendant de l'une des principales divinités, la déesse du soleil Amaterasu. L'empereur avait retrouvé un véritable pouvoir politique au moment de l'ère Meiji, commencée en 1868 avec Mutsu Hito, qui fera du shinto la religion d'Etat. Ce n'est qu'en 1946 que l'empereur perdra son rôle religieux, les Américains, vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, imposant non seulement l'abandon de son caractère divin, mais aussi du shintoïsme comme religion d'Etat, car celle-ci aurait été une source d'inspiration pour le sacrifice des kamikazes.

