Keyshun HysToRia {Meeting with Andy Roddick!}
On dit souvent qu'il faut réaliser ses rêves. Autant avant j'étais sceptique, autant maintenant je peux dire que ce n'est pas une connerie. Le Mercredi 24 Octobre 2007, j'ai pu admirer l'une de mes idoles, Andy Roddick, jouer en match officiel au Grand Prix de Tennis de Lyon, au Palais des Sports du Stade Gerland. Ca a été un moment très intense en émotion car Andy est une personne très spéciale pour moi et ce, depuis plusieurs années. Après avoir vu de près Monica Seles à Roland Garros en 2003 et aperçu Juan Pablo Montoya en action au Grand Prix de Monaco 2006, il ne manquait plus que "A-Rod", puisqu'il ne sera malheusement plus jamais possible de voir Senhor Ayrton Senna, décédé tragiquement en 1994. L'occasion s'est présentée cette année et je savais que cela allait certainement être la dernière possibilité, donc j'ai foncé! Petit retour en arrière sur ce moment inoubliable...
Lundi 22 Octobre, 22h43. Le programme du mardi n'est toujours pas affiché sur le site du tournoi et je commence à flairer le mauvais plan. J'ai prévu de prendre le train du retour le mercredi vers 20h. C'est à dire que s'il ne joue pas le mardi, je ne le verrais pas. Je finis par m'endormir mais avec un petit doute qui s'est transformé en stress pendant la nuit et je n'ai cessé de penser au lendemain. A quoi il allait ressembler en chair et en os, la façon dont je pouvais le soutenir pendant la rencontre et ce que j'allais lui dire à la fin du match, au moment de lui demander un autographe. Je ne pensais pas que ça allait prendre de telles proportions et je me rends ainsi compte que j'admire vraiment Andy Roddick, jusqu'aux limites de la
passion. C'est quelque chose d'indescriptible et de très puissant. La déception est énorme lorsque je regarde le programme en me levant mardi et en constatant qu'il ne jouera pas... Je me lève et me prépare à prendre le train, sans véritables convictions. Lorsque j'arrive à la gare Lille-Europe, il est 8h48 et mon train part à 8h49. Je cours, trouve la bonne voie et essaye de composter mon billet. Par une fois, deux fois, trois fois, la machine refuse. Le temps presse et le stress monte. Je finis par y arriver et je descends les escaliers à toute allure. Lorsque j'arrive sur le quai, les portes du train sont fermées et ce dernier se met tout doucement en marche... Je reste là, impuissant, à regarder le train partir à l'horizon et en me disant que la journée a très mal commencé. J'ai beau tenter d'échanger mon billet après coup, rien n'y fait car "c'est un billet ni échangeable, ni remboursable" comme n'arrête pas de répéter la caissière de l'espace vente. La frustration me gagne. Je n'ai plus envie d'aller à Lyon, pour de toute façon ne pas voir Roddick jouer. Je m'en fous du train. Je m'en fous d'avoir froid. J'erre dans les rues gelées de Lille et je réfléchis à ce que je dois faire, tout en essayant d'appeler mon frère (qui m'attend à Lyon) afin d'avoir des conseils. Je finis par prendre moi-même la décision de reprendre un billet pour m'y rendre trois heures plus tard et de ne pas rentrer le mercredi soir, mais le jeudi matin très tôt afin de voir Andy. Je me dis que cette occasion ne se reproduira peut-être plus et que malgré le prix que cela va me coûter, je me dois de le faire, afin de ne rien avoir à regretter. Je pars donc à Lyon le coeur léger et en sachant que de toute façon, ça ne pourra pas être pire.
Mercredi 24 Octobre 12h55. Le programme de la journée a été publié et Andy Roddick jouera bien à 20h son match-clash face à Fabrice Santoro! Nous (mon frère et moi) nous rendons au Palais des Sports afin de voir
les premiers matchs de la journée où il y aura au moins un Français dans chaque. Les matchs ne sont pas très intéressants mais ils permettent de juger la qualité du jeu des bons joueurs (Gasquet, Grosjean) par rapport à celle des joueurs qui sont un peu en dessous. Toute la journée j'attends d'arriver à 20h, comme un enfant attendant d'ouvrir ces cadeaux le matin de Noël. Je suis impatient d'y arriver mais j'ai dans le même temps envie de profiter du moment, de garder en moi cette petite excitation de la surprise, de ne pas vraiment savoir comment cela va se passer. La journée passe très vite et le moment fatidique arrive. Alors que les pom-pom girls s'occupent de chauffer la salle, je prépare l'appareil photo et je m'installe juste devant le court. A la fin du show, les pom-pom girls vont s'installer près de l'entrée des joueurs et elles forment une allée. Les joueurs vont entrer! Après que Santoro soit entré, mon coeur bat à toute vitesse... Et enfin, voilà le moment tant attendu depuis des années, celui pour qui j'ai eu tant de stress ces derniers jours: Andy entre sur le terrain dans la tenue noire qu'il portait à l'US Open, classe et simple. Je suis envahi par une puissante montée d'adrénaline et j'ai du mal à le reconnaître. J'ai en fait même du mal à imaginer que je suis là, avec Roddick à dix mètres de moi en train de se diriger vers sa chaise pour y installer ses affaires. Il ne jette ni un sourire ni même un regard au public. Lorsque je m'approche de sa chaise pour le prendre en photo, je m'aperçois qu'il a le "masque", qu'il est très concentré et que rien ne semble pouvoir le troubler. Il est en
chair et en os à un mètre de moi seulement! Lorsque le match commence, le spectacle est bien présent. Services à plus de 225 km/h, balles très profondes et vollées d'une intensité exceptionnelle, Andy met très vite son jeu en place! C'est énorme... Je ne trouve pas de mots pour définir proprement ce que j'ai ressenti. J'ai envie de le soutenir, de crier à chaque point qu'il marque, surtout quand la situation tourne mal pour lui. Quoiqu'il fasse, je décortique chacun de ses mouvements et je n'ai d'yeux que pour lui. Andy fait le spectacle! En plus de son jeu, son comportement est aussi spectaculaire. Il rit avec Santoro après un beau point, s'en prend à l'arbitre après une décision litigieuse, s'encourage avant un point important. J'ai devant moi tout ce qui fait que j'aime ce joueur plus que les autres. L'histoire se termine mal puisque Andy finit par perdre ce match en trois manches 6/7 6/2 4/6 mais, la déception passée, j'aurais vécu un des plus beaux moments de ma vie. Si ce match n'avait pas été aussi accroché je n'aurais pas vu le "vrai" Andy Roddick, rageur et motivé (à voir dans cette vidéo: Andy Lyon 2007).
J'étais épuisé lorsque j'ai pris le train très tôt le lendemain matin pour me rendre directement en cours mais j'avais des étoiles devant les yeux...
Thanks so much Andy! You're the best!

