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8 novembre 2007

Lille 3 en grève, épisode 2

Lille3_a

Incroyable mais vrai! Un an et demi après le blocage de l'université pour manifester contre la loi portant sur l'égalité des chances (dont la réforme principale était la mise en place du Contrat Première Embauche et dont j'ai parlé ici: Le débat autour du Contrat Première Embauche (CPE), Lille3 en grève!, Lille3 bloquée (2), Lille3 (dé)bloquée (suite et fin)), c'est reparti pour un tour... Le mardi 6 novembre 2007, le blocage a été voté en assemblée générale (AG) à 870 voix contre 797. Un nouveau vote administratif avec présentation de la carte d'étudiant est prévu le lundi 12 novembre. Cette fois-ci, c'est la loi dite Pécresse (nom de la Ministre en charge des universités et de l'enseignement supérieur) portant sur l'autonomie des universités qui pose problème.

Cette réforme, prévue dans le programme électoral de Nicolas Sarkozy, prévoit d'alléger le contrôle de l'Etat sur les universités en renforçant la prépondérance du rôle du président de l'université et avec un conseil d'administration restreint. C'est en grande partie ce dernier terme qui fait râler car non seulement le nombre d'étudiants présents au conseil va diminuer mais des acteurs économiques choisis par le président et approuvés par le conseil pourront y participer. Les craintes viennent du fait qu'ainsi, certaines universités pourraient voir des branches non performantes économiquement se fermer, particulièrement en sciences humaines. Une certaine "privatisation" partielle qui fait jaser. C'est une des facettes du problème et c'est en tout cas ce que j'en ai compris en AG, noyé dans un flot de belles paroles. Cette loi a été votée cet été, le 10 août exactement à un moment où les étudiants ne pouvaient pas réagir. A savoir que le projet de loi avait été étudié par différents syndicats réunis en table ronde et qu'il n'avait pas à la base, posé de problèmes. Seulement, le fait que le gouvernement s'empresse de faire voter la loi a provoqué la colère au sein du monde étudiant. "Le projet de loi n'était pas entièrement satisfaisant." "Des discussions devaient encore avoir lieu." Entend-on ici ou là.

Mais cela fait réfléchir car si une nouvelle fois on refuse une réforme, le problème de l'université, assimilée à une voie de garage, existe pourtant bel et bien. Citation d'un article trouvé sur le site www.boivigny.com, relatif à l'autonomie des universités: " ... C'est que le thème de l'autonomie en évoque d'autres, aux oreilles des usagers et employés de l'université: concurrence, sélection, augmentation des frais d'inscription, inégalités, et régionalisation de l'enseignement…
Il est vrai que si chaque université gagne en liberté, certaines seront certainement tentées de mettre en place des politiques de sélection ou d'augmentation de leurs ressources, via les frais de scolarité. En outre, les universités les plus innovantes pourraient prendre une longueur d'avance sur les autres et ainsi mieux valoriser leurs diplômes sur le marché du travail. Bref, si les universités pouvaient toutes faire comme Dauphine ou Sciences Po, certaines réussiraient à briller sur la scène internationale, tandis que d'autres se contenteraient de rayonner à l'échelon local.
Pourtant, à ne pas vouloir que les universités jouent le jeu de la concurrence, celles-ci vont perdre leur place, collectivement. Tout simplement parce qu'elles ne sont pas les seules à proposer des formations au sein de l'enseignement supérieur, et que les nouveaux bacheliers prennent acte de leur impuissance à évoluer.

« Je pense qu'à un moment ou à un autre, nous parviendrons à réformer le fonctionnement des universités. Le système actuel est bloqué, il n'y a pas d'alternative », estime Richard Lioger, qui observe que les nouvelles puissances émergeantes – Inde, Chine et Corée – sont entrées dans la compétition de manière très agressive. Selon lui, si l'idée d'autonomie des universités – il préfère parler de « responsabilisation » des universités – ne passe pas auprès des syndicats, c'est avant tout parce que le sujet n'a pas été suffisamment débattu. Richard Lioger estime par ailleurs que les universités sont déjà un peu régionalisées, et que le système est déjà inégalitaire : « des universités sont déjà mieux cotées que d'autres, on ne fait que masquer la réalité. Il faut leur donner la possibilité de faire des choix affirmés et de trouver leur spécificité ».

Cette liberté trouvée, rien n'interdirait alors à une petite université régionale de s'affirmer comme la première de son domaine. Tandis qu'aujourd'hui, la prééminence va d'emblée aux universités historiques et souvent parisiennes. L'absence d'autonomie, et partant de capacité de réaction locale, fige les inégalités entre établissements, elle ne les réduit pas. En outre, elle déresponsabilise les parties prenantes à la vie de l'établissement.

Voilà ce qui présente assez bien le fond de ma pensée. Il y a problème actuellement et pour le résoudre, il faut tenter d'apporter des solutions. Alors c'est bien beau de toujours dire non mais il faudrait peut-être proposer quelque chose en retour. Le blocage anti-CPE n'a pas en fait concrètement servi à grand chose puisqu'aucune solution n'a été apportée au problème de l'emploi des jeunes... Alors, ou le mouvement prend de l'ampleur et propose des solutions concrètes, ou il ne sert à rien qu'à s'enfoncer dans un immobilisme malvenu. A suivre de très près...

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Commentaires
M
ton blog est génial! <br /> suite à cet article, ancien je te l'accorde mais enore d'actualité, je ne te dirais que ''propose'', ton blog peut servir aussi à ça!
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